Jean McEwen

L’art poétique de Jean McEwen

Né à Montréal en 1923, Jean McEwen a contribué de manière significative à faire de l’art abstrait une force majeure de la scène québécoise des années ’60 et ’70. Influencé par les automatistes, mais profondément indépendant dans sa recherche créative, McEwen s’est distingué en poursuivant de façon soutenue une exploration de la matière et de la couleur. Ses créations, font état d’une recherche où l’utilisation des textures et des jeux de couleurs est constamment renouvelée et  s’adressent d’abord à nos sens, plutôt qu’à notre conscience. Même dans ses compositions les plus symétriques, il y expérimente la sensualité de la couleur, de la lumière et du geste. Ses œuvres sont construites par une accumulation de couches de pigments parfois opaques, parfois translucides.  Plusieurs œuvres de la collection du Musée démontrent ses recherches sur les effets de la couleur et l’expérience des sens. Les couches de jaune, de vert ou de rose couvrent les toiles et leur donnent une illusion de profondeur et de fluidité.

Jean McEwen compte aujourd’hui parmi les figures dominantes de sa génération et sa renommée dépasse nos frontières. Plusieurs expositions d’envergure lui ont été consacrées et ses œuvres se retrouvent dans les collections des principaux musées d’art du pays.  Jean McEwen est décédé le 9 janvier 1999 à Montréal.

Jean McEwen

1923 – 1999

« Il y a deux façons de juger un tableau… L’une est fondée sur les critères et les théories de l’art. L’autre repose sur les sensations que suscite en nous le tableau. Je peints de la deuxième façon. »

Jean McEwen, 1956

Jean McEwen souhaite que ses tableaux abstraits, qui comportent de multiples couches de couleurs opaques et translucides, soient une expérience pour le spectateur. McEwen est particulièrement connu pour ses expérimentations dans l’application de la peinture par couche et par versement.

McEwen étudie la pharmacie à l’Université de Montréal, tout en s’intéressant à la poésie et à la peinture. En 1951, à moins d’un an de son diplôme, il décide de poursuivre une carrière comme artiste et découvre bientôt que l’expérimentation et l’expression non représentatives le passionnent. Il est inspiré par les membres automatistes de Montréal, Jean Paul Riopelle et Paul-Émile Borduas, qui croient à une créativité spontanée tirée de l’inconscient. Borduas encourage McEwen à rendre visite à Riopelle qui vit à Paris.

McEwen déménage à Paris en 1951 où il est influencé par le travail de Riopelle, de Jackson Pollock et de Sam Francis. En 1952, il peint dans un style similaire à celui de Riopelle, utilisant un couteau pour créer des effets de pleine surface, une méthode qu’il abandonnera plus tard quand il commencera à travailler avec les doigts.

À compter de 1957, McEwen travaille à une succession de séries expérimentales centrées sur la création d’un espace dynamique et plat par l’exploration des différentes qualités de la couleur. Ces œuvres n’évoquent en rien la nature, mais considèrent le rapport de la structure du tableau à sa couleur. Elles sont constituées par une stratification de pigments opaques et translucides.Entrelacements rouges (1961) est un exemple de sa recherche sur les effets sensuels de la couleur et l’expérience de la sensation pure. Les couches de rouge, de jaune et de brun couvrent la toile et lui donnent une sensation de profondeur et de fluidité.

McEwen,eau-forte, galerie la corniche

Jean McEwen, jardin de pierres vaste, galerie la corniche, eau-forte

Ses tableaux tardifs sont centrés sur un fort plan vertical qui intègre les différentes sections de l’image en un tout. McEwen comprend cette division comme la captation de la lumière dans deux sections par la variation de l’opacité des couleurs. Quoique le principal médium de l’artiste soit la peinture, il a également créé une série de livres d’artistes et un groupe de vitraux à l’Université Concordia de Montréal. Il a beaucoup exposé jusqu’à sa mort.

Adrien Hébert

Adrien Hébert (1890-1967)

Fils du sculpteur Louis-Philippe Hébert, Adrien Hébert est né le 2 avril 1890 à Paris où il passa une partie de son enfance. C’est au Monument National, à Montréal, qu’il commence ses études artistiques sous la direction d’Edmond Dyonnet et Joseph-Charles Franchère. Il poursuit sa formation dans la classe de William Brymner à la Art Association of Montreal jusqu’en 1911, année où il retourne à Paris. Là , il s’inscrit à l’École des Beaux-Arts mais, peu assidu aux cours, il passe la plupart du temps à découvrir la ville et visiter les musées, surtout le Louvre et le Jeu de Paume. De retour à Montréal en 1914, il enseigne au Conseil des Arts et Manufactures et, en 1918, il collabore, en tant qu’illustrateur, à la revue Le Nigog.

Le séjour qu’Adrien Hébert fait en France en 1922 et 1923 marque le passage vers sa maturité artistique. Dès son retour au Canada, il s’intéresse au port de Montréal, réalisant une série de toiles sur ce sujet. Par ses choix thématiques, il conteste la prédominance de la peinture traditionnelle dont les sujets ruraux lui apparaissent désuets. Il défend ses propositions dans quelques articles développant alors son argumentation. Hébert nous livre sa conception de l’art à travers des séries mettant en scène la ville, le port et l’animation de la rue. Son travail présente, par son caractère formel et thématique, plusieurs similitudes avec la peinture américaine contemporaine; cependant, il n’en possède pas l’aspect critique.

La carrière artistique d’Adrien Hébert débute en 1909 par l;a présentation de ses premières oeuvres au Salon du printemps de la Art Association of Montreal où il expose régulièrement jusqu’en 1954. Lauréat du prix Jessie Dow en 1936, 1940 et 1953, président du Arts Club of Montreal en 1938, dont il devient « Honorary member » en 1962, Adrien Hébert est élu à l’Académie Royale du Canada en 1941. Bien que dans les années 1940, son apposition radicale aux courants abstraits ait eu tendance à l’isoler, il a néanmoins introduit le thème de la modernité dans la peinture québécoise entre-deux guerres et, en cela, on peut affirmer que son apport reste déterminant. Adrien Hébert est mort à Montréal le 20 juin 1967.

galerie la corniche, peintre canadien scène de Gaspésie

Gaspé, Adrien Hébert. Peintre canadien, galerie la corniche

Marc Grandbois

Marc Grandbois

Résidant de L’Anse Saint-Jean au Québec, Marc Grandbois s’initie très jeune à la peinture aux côtés de sa mère elle-même peintre. Il complète ses Beaux-Arts à L’Université Concordia en 1991 et gagne rapidement une certaine notoriété comme peintre aquarelliste entre 1992 et 2002. Parallèlement à sa production, il enseigne la peinture et le dessin. Il participe également à de nombreux symposiums aux quatre coins de la province.

Las de l’incertitude financière souvent associé à la vie d’artiste, il met de côté le chevalet et les pinceaux une bonne dizaine d’années ne peignant qu’à l’occasion et acceptant quelques contrats. En 2010, il quitte la Mauricie pour le Saguenay. La beauté exceptionnelle du paysage et l’environnement unique du fjord motivent cette décision et seront les éléments déclencheurs à un retour à sa première passion; la peinture. Le paysage nordique est depuis toujours sa source d’inspiration. Son oeuvre se caractérise par la priorité donnée à l’athmosphère, le coup de pinceau désinvolte mais juste et la richesse de coloris. Sa palette, tantôt subtil, tantôt fauve s’ajuste au gré des ambiances qu’il veut créer. « Je crois fermement que l’art figuratif, en particulier le paysage, demeure très actuel s’il transcende le narratif et devient en quelques sorte une base à l’expérimentation de la gestuelle, de la couleur et de la lumière ». On retrouve les oeuvres de Marc Grandbois dans plusieurs collections publiques et privées au Canada et à l’étranger.

Blanche Bolduc

Blanche Bolduc

1907-1998
Blanche Bolduc est née en 1907 à Baie-Saint-Paul. Elle est peintre autodidacte et reconnu comme peintre populaire. Elle a commencé à peindre en 1966. Avant cette date, elle  aidait sa sœur Yvonne dans tous ses travaux d’art, tapis crochetés et sculptures. Après un premier été de travail, elle expose à Québec et à Chicoutimi. Blanche Bolduc aime peindre des scènes québécoises animées de personnages. La matière, les couleurs et le dessin de ses tableaux donnent une impression de vivacité et une expression fortement personnelle.

À partir de 1966, Blanche Bolduc expose régulièrement dans différentes galeries du Québec et de l’Ontario et deux expositions en France en 1972 et 1976 qui la font connaître à l’extérieur du pays. Elle obtient la médaille d’argent de l’Académie des Arts, Sciences et Lettres à Paris en 1976. Les œuvres de Blanche Bolduc sont présentes dans de nombreuses collections publiques et notamment au Musée national des beaux-arts de Québec, au Musée McCord de Montréal, au Musée de Charlevoix, à l’Université McGill, à la Galerie Nationale d’Ottawa ainsi que dans de nombreuses collections personnelles.

Blanche Bolduc est décédée après une courte maladie en février 1998. Elle était âgée de 90 ans.

Luca Fortin

LUCA FORTIN

Mes œuvres puisent leur inspiration en parallèle à mes recherches architecturales. Je souhaite mettre en évidence ces contrastes quotidiens qui nous entourent que sont la mort et la vie; la présence et l’absence; le vrai et le faux. Je veux faire vivre au regardeur une expérience de corps à corps avec un monde où la prédominance d’une atmosphère éthérée donne lieu à des flous, des fondus et où l’absence de repères me permet d’osciller entre la composition et la décomposition de l’espace. Cette idée d’assister à quelque chose qui est en train de se modifier et d’évoluer est centrale à mon exploration matérielle. Mes récentes recherches tendent vers une hybridité entre techniques traditionnelles et outils numériques où je passe de l’un à l’autre afin de générer des formes qui sont ensuite déformées par ce même processus de création d’image. Je joue ainsi avec l’échelle des objets dans le but de créer des ambiguïtés visuelles qui invitent à se questionner sur ce qui se trouve entre l’un et l’autre, entre la réalité et la fiction, entre le physique et l’impalpable.

 

Luca Fortin est actuellement candidat à la maîtrise professionnelle en architecture et complète à l’été 2015 le microprogramme de deuxième cycle en création de livre d’artiste à l’Université Laval. Son parcours est reconnu par sa nomination comme médaillé du Lieutenant-gouverneur du Québec pour la jeunesse (2008); La fondation du millénaire du gouvernement du canada (2009); La fondation W. Garfield Weston (2009); The Loran Award Foundation (2010); Forces Avenir au collégial (2011) ainsi que par l’Université Laval qui lui remet une bourse de leadership artistique en 2014. Ses œuvres font partie de la collection Loto-Québec ainsi que de plusieurs collections privées.

Luca Fortin artiste Alma, galerie d'art la Corniche

Luca Fortin artiste Alma, galerie d’art la Corniche

L’œuvre de Luca Fortin prend son inspiration dans sa réflexion sur la présence et l’absence, le lieu et le non-lieu. Travaillant principalement sur de grandes surfaces,  l’artiste cherche à faire vivre au spectateur une expérience de corps à corps avec ses personnages. Il propose de  pénétrer dans le monde tantôt absent, tantôt présent dans lequel ils évoluent. C’est à travers l’atmosphère éthérée qui prédomine dans ses toiles que son travail pictural prend toute sa force. Les flous, les fondus et la perte d’échelle rappellent l’immensité des grands espaces naturels, sans toutefois donner trop de précision sur le lieu. Ses études  en architecture l’amène à jouer sur la limite entre la composition et la décomposition de l’espace, où la figuration et l’abstraction sont mises en relation. Travaillant en opalescence, cela lui permet d’apporter un caractère mystérieux, ésotérique et fantomatique à ses œuvres. Il tente de proposer un portrait sensible, abordant entre autres des thèmes tels que l’abandon, la mort, l’avenir et l’espoir.

Il met en évidence l’univers parallèle au nôtre, celui qu’on ne veut pas voir. Tantôt apaisant, c’est ce brouillard qui domine l’univers de la toile, conférant une intensité d’émotion au propos qu’elle renferme. C’est ce qui nous tient à la surface. Les œuvres de Luca Fortin  nous incitent à entrer dans cet univers reposant, mais également étrangement inquiétant, voire effrayant. L’idée d’être dépassé par ce que l’on voit est bien là, toutefois, elle s’articule et se mélange autour des thèmes tels que l’espoir et la passion. Il tente davantage à susciter des questionnements que des réponses.

 

Luca Fortin vit et travaille à Québec et Saint-Gédéon, où il passe ses étés à peindre. Étudiant au baccalauréat en architecture à l’Université Laval, il est récipiendaire de nombreux prix et bourses, notamment de la fondation Loran scholars et Garfield Weston, il reçoit également la médaille du Lieutenant-gouverneur du Québec en 2008. Ses œuvres sont présentées en galeries depuis 2009.

 

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Louis-Pierre Bougie

Louis-Pierre Bougie,

Louis-Pierre Bougie né à Trois-Rivières, Québec, le 16 août 1946 est un peintre et graveur canadien spécialisé en taille douce et en eau forte après une longue formation aux ateliers Lacourière-Frélaut à Paris, où il a travaillé pendant plus de quinze ans, et lors de nombreux séjours de travail et d’étude en France, Portugal, Pologne, Irlande, Finlande et New York. Ses œuvres sont régulièrement exposées dans des galeries canadiennes, américaines et européennes. Plusieurs de ses œuvres font partie de grandes collections publiques et privées notamment au Québec et à New York. Bougie est l’indéniable chef de file de la gravure au Québec, par la profondeur du propos et la continuité du travail.

Œuvre

Louis-Pierre Bougie produit depuis quelques années une œuvre gravée et peinte considérable, faisant appel aux techniques traditionnelles du burin, de l’aquatinte, du chine encollé, pour produire un travail en taille-douce résolument moderne. Bougie appartient à la grande lignée des Goya, Blake et Rops, il a développé une technique originale du monotype, qui met à contribution les procédés de la gravure pour intégrer des dessins réalisés à partir de modèles vivants. On assiste alors à une inversion de la technique : le papier est déjà dessiné à la pierre noire et rehaussé à l’acrylique avant de recevoir l’image de la plaque : une planche de cuivre encrée, qui aura été mordue au préalable par des badigeons d’acide (des crachis ou « spit-bites ») et quelques éraflures au grattoir. L’impression saisit le tout dans une transparence surnaturelle : à donner de la lumière, c’est bien ce que l’on entend par enluminure. Chez Bougie, la gravure devient un procédé qui permet d’ouvrir, et de sceller un espace, où le désir et l’imagination se déposent autrement dans la matière corporelle, où la lumière (par rehaut et parenluminure) fait remonter autrement l’apparaître et nous redonne une part de nous-mêmes.

Au début des années 1980, alors qu’il multiplie les séjours dans des grands ateliers de gravure à l’étranger (Strasbourg, Paris, etc.) Louis-Pierre Bougie fonde – avec quelques artistes passionnés d’eau-forte (Pierre-Léon Tétreault, Kittie Bruneau, etc.) – l’Atelier circulaire1. Il n’aura de cesse, tout au long de sa carrière, d’aider à promouvoir les œuvres gravées des artistes québécois, au Québec comme à l’extérieur du Canada, et à multiplier les liens avec le milieu littéraire. En 1983, dans un texte commun, les poètes Gaston Miron et Michaël La Chance ont envoyé un télégramme à Louis-Pierre Bougie : « Nous saluons Louis-Pierre Bougie qui est de ceux qui, en devançant le lendemain augmente ses possibilités et dévie le temps de son encerclement mortel2. » Sa réputation de buriniste hors pair et d’aquafortiste de renommée internationale a contribué à jouer ce rôle de diffusion et de valorisation de la gravure québécoise. Ce travail de médiateur, Bougie le joue de façon significative par les invitations qu’il lance à des artistes étrangers, pour une impression taille-douce d’un livre d’artiste (François-Xavier Marange), pour des résidences de production (Martin Müller-Reinhart), pour des échanges Québec-France-Québec-Taiwan, etc. Discret et solitaire, il a joué un rôle décisif pour encourager et promouvoir nombre d’artistes du Québec qui sont passés par l’Atelier circulaire ou à l’occasion d’expositions collectives qu’il organise et dont il a été commissaire.

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Jean-Guy Barbeau

Jean-Guy Barbeau

Natif de Loretteville, Jean-Guy Barbeau s’établit à Chicoutimi en 1951. Diplômé de l’École des Beaux-Arts de Québec, il a enseigné les arts plastiques pendant 25 ans à la Commission scolaire de Chicoutimi et assumé des charges de cours à l’Université du Québec à Chicoutimi. Il fait partie des pionniers de l’enseignement des arts au Saguenay auprès de Pierrette Gaudreault, fondatrice de l’Institut des arts à Jonquière, tout en poursuivant sa propre quête dans son atelier de la rue Mélançon.

Son œuvre, trop peu connue du public québécois, a rayonné du Québec jusqu’en Europe. Il fut le premier peintre canadien à exposer en solo en Pologne en 1976, à la galerie d’art contemporain Bwa Katowice et en Hongrie.

En 2008, Jean-Guy Barbeau devient le tout premier récipiendaire du Prix pour la reconnaissance de l’excellence, la plus haute distinction remise par le Conseil des arts de Saguenay pour souligner l’implication d’une personne dans les domaines des arts et de la culture. Jean-Guy Barbeau a reçu cet honneur pour son œuvre, son importance au Québec et à l’international, pour son rapport avec l’histoire de la culture et pour être l’exemple type d’un artiste qui a choisi de faire carrière au Saguenay.

Émule de grands maîtres de la peinture, sensible à l’audace des autres, le parcours de ce peintre inclut de nombreuses tendances, allant du tachisme à l’abstrait, du fauvisme au cubisme. Des explorations d’où il est revenu avec un style bien à lui, un style qui lui survit et fait écho à des œuvres futures. L’art de Barbeau est intemporel. Que l’œil prenne plaisir à plonger dans les jeux géométriques de ses compositions, surfant sur les transparences savamment brossées par couches superposées, n’exclut pas une sensibilité attentive aux grandes préoccupations de son temps. Chantre de la femme certes, mais pas seulement cela. Certains de ses tableaux évoquent les conflits guerriers, la douleur humaine; d’autres racontent notre passé. Il est l’auteur d’une imposante murale de plus de 278 mètres carrés réalisée pour la Maison de la presse inaugurée en 1980, laquelle résume les grands moments de l’histoire de la région.

Une grande rétrospective de ses œuvres a été présentée en avril 2007 à La Pulperie de Chicoutimi. Il a pu entendre et voir l’amour et l’admiration de ceux qui ont été ses élèves, ses compagnons, ses amis, tous éblouis par un maître qui n’a rien imposé aux autres sinon sa propre ferveur à atteindre l’absolu dans la forme et la couleur. Une œuvre qui nous émeut, comme l’homme qu’il était, bien au-delà du temps!

Christiane Laforge

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John Der

John Der (1926 – 1996)

C’est la vie!  Un tableau de John Der, c’est la vie en images; la vie de John Der, c’est toute une vie. Peintre saskatchewanais par la suite Québécois, il est devenu professionnel sur le tard, à 55 ans pour être exact. Agent d’assurances et peintre du dimanche, il vit bien. Il décide de revenir à ses amours et de consacrer sa vie à ce qu’il aime : la peinture.

 Comme tout le monde, il fait le tour des galeries de Montréal pour vendre ses œuvres; le directeur d’une des veilles galeries-sanctuaires de l’art à Montréal lui répond en voyant ses œuvres : « Vous êtes trop vieux… » Depuis ce moment il vit de son art, travaille cinq jours par semaine et il est heureux. C’est une des seules personnes que je connaisse qui ne souhaite pas gagner la Loto. « Je ne serais pas plus heureux… »

On dirait qu’il a gardé l’allure du marin de marine marchande qu’il était quand il était plus jeune. Il dessine continuellement et fréquente l’École du Musée des beaux-arts. Il exerce son talent comme caricaturiste et concepteur de bandes dessinées pendant de nombreuses années à la Gazette, dans les bars à la mode comme l’Esquire Show Bar ou au Mountain Playhouse. Il y a surtout eu l’occasion d’épier la faune humaine.

Der ne fait que ça : observer… et peindre ce qu’il observe. Dans le petit restaurant français où nous dînions, il regarde et dit : « Regarde autour, on pourrait faire plusieurs tableaux ici. Je n’ai pas mon calepin, mais regarde cette jolie fille, elle a de magnifiques mains, de grands doigts et une pose tout à fait remarquable. » Il n’avait pas besoin de me dire que c’était, avec l’allure générale des personnages et qui sont terminés par d’immenses mains qui appuient, se croisent,  grattent et reflètent à elles seules toutes les personnalités. La très belle tête de cette belle Martiniquaise ne l’avait pas distrait de son centre d’attraction préféré. « Et ces deux amoureux, ils sont bien sérieux, j’aimerais bien savoir ce qu’ils se disent. Ça en vaut sûrement la peine. » Je n’avais vu qu’un couple en train de dîner. « Quand on s’arrête et qu’on observe bien, dit-il, on voit  beaucoup de choses et on peut voir les différences, saisir les personnalités. Je pourrais faire la différence entre un Néo-Écossais et un Terre-Neuvien, rien qu’à les regarder! »Ces scènes de la vie quotidienne,  on les retrouvera peut-être dans un des prochains tableaux de John Der, vues à travers son œil un peu caustique, un peu ironique, non pas de vraies caricatures, mais sa vision personnelle et impressionniste de la vie de tous les jours. Curieusement, il assimile facilement ses tableaux pleins de personnages à des paysages. Il compare ses personnages à des arbres, et les lignes de ses tableaux ne sont là que pour capter l’impression, l’atmosphère. Son œil, comme ses tableaux, est, comme lui, bon enfant.

 

Ce qu’il traduit dans ses personnages est toujours caractéristique : des scènes accentuées, des tranches de vie transposées avec humour.

 

Der ne cherche pas à se moquer, il transpose dans ses œuvres une vision personnelle. Nos amis anglais diraient « tongue in cheek », ce qui traduit bien cette vision si particulière. Ses œuvres ne déclenchent pas le rire, mais un sourire et on a le goût de dire : bien observé, mon cher Der!

 

Les groupes qu’il observe déterminent souvent la composition des tableaux. Si l’œil est attiré par le groupe, il faut aussi regarder tous les détails; ce sont eux qui font la force de l’œuvre. Des personnages souvent sans détail dont les volumes suffisent à créer l’ambiance et à donner sa vision de la société qu’il dépeint. Mais souvent, des détails apparaissent comme pour accentuer le réalisme : une bouteille de Molson Export, une boîte de Tide, un sac de Steinberg.

 

Der n’est pas sculpteur mais on n’est pas surpris le moins du monde de retrouver au Balcon d’Art, un petit bronze, un exemplaire unique, où les dos courbés de ses personnages caractéristiques, amples, qui tournent le dos à l’observateur, rappellent un caucus. On ne pourrait pas entendre les secrets ou la stratégie qu’ils s’échangent. On dirait que cette sculpture est là pour confirmer que sa peinture est sculpturale, généralement esquissée, juste assez pour laisser deviner la forme.

 

Les enfants occupent une place prépondérante, mais on dirait qu’ils sont là comme faire-valoir, pour souligner les travers des adultes. À propos de cette évidente prédilection, Der a ce commentaire savoureux qu’il transpose souvent dans ses illustrations d’enfants : « Un enfant qui imite un adulte est bien plus drôle que celui qu’il imite! »

 

Ce merveilleux sens de l’observation, cette vision personnelle de la société sont extraordinairement séduisants et nous offrent d’heureuses éclaircies dans le monde terne où nous vivons. Vous aurez peut-être la chance de le voir exercer; il n’aime rien de mieux que de participer à des symposiums comme celui de Baie-Comeau qu’il fréquente depuis plusieurs années. Mais attention, s’il aime rencontrer son public et recevoir ses commentaires, vous risquez vous aussi d’être l’objet d’une de ses perspicaces observations-tableaux.

Bernard Théoret

(Magazin’Art, 5e Année, No 3, Printemps 1993)

La Croisière s'amuse

John Der artiste peintre galerie d’art La Corniche

 

André-Charles Biéler

André-Charles Biéler (1896-1989)

André Biéler (8 octobre 1896 – 1er décembre 1989) était un peintre et un professeur d’art canadien. Il aimait peindre le portrait du Québec rural.

Natif de Lausanne, sa famille s’établit à Paris en 1898. À l’âge de quatorze ans, il change à nouveau de pays, allant cette fois vivre au Canada.

Instruit en anglais, la commission scolaire protestante de l’époque était surtout prévue pour les anglophones. En 1915, il se joint à l’armée canadienne, servant dans le Princess Patricia’s Canadian Light Infantry et revient blessé de la Première Guerre mondiale.

Il choisit de devenir peintre en 1920 et commence à exposer en 1924. Inspiré par la nature et la beauté des paysages canadiens, il s’établit à l’île d’Orléans où il cherche à peindre l’authenticité et le caractère pittoresque du terroir.

Ses nombreux tableaux le mèneront à parcourir les Laurentides et le Charlevoix, pour finalement accepter un poste à l’Université Queen’s en 1936. Ses sujets de peinture sont sortis du réel et son style est moderne et français, s’inspirant notamment de l’école de Paris.

En 1941, il organise la première conférence des artistes canadiens. De cette conférence émergea la fédération canadienne des artistes, avec Biéler comme premier président de l’organisation.

À la fin de sa vie, il était intéressé par les effets de la lumière et de la couleur et il sculptait régulièrement. Ayant pris sa retraite en 1963, il meurt à Kingston en 1989.

André-Charles Biéler, galerie d'art La Corniche, Chicoutimi

André-Charles Biéler, galerie d’art La Corniche, Chicoutimi

Kevin Titzer

kevin titzer

kevin titzer

Kevin Titzer 

 

Education

1997         – Bachelors of Science, Liberal Arts   University of Southern Indiana

 

Expositions

2013

“Troublesome Houses: Art Inspired By Will Oldham”      LVAA Gallery – Louisville, KY

 

2011

Dig For Fire: Art Inspired By The Pixies”              C.A.V.E Gallery – Los Angles, CA

“Secret Handshakes and Bird Calls”                  Goldesberry Gallery – Houston, TX

“Ghost Of A Chance” – Solo Exhibition            Thinkspace Gallery – Los Angles, CA

 

2010

“Gary Schott, Kevin Titzer”                                    Goldesberry Gallery-Houston, TX

“Born Free” Group Exhibition                             Thinkspace Gallery – Los Angles, CA

“Picks Of The Harvest” Group Exhibition            Thinkspace Gallery – Los Angles, CA

“Love Conquers All” Group Exhibition                Thinkspace Gallery – Los Angles, CA

“Beyond Eden Art Fair”                                      Thinkspace Gallery – Los Angles, CA

“Five Year Anniversary”                                      Thinkspace Gallery – Los Angles, CA

 

2009

“Solo Exhibition”                                                       Garde Rail Gallery – Seattle, WA

“Three Person Exhibition”                      Snyderman Works Gallery – Philadelphia, PA

“Artrageous” Group Exhibition                                         Estel Gallery – Nashville, TN

 

2008

“Camilla Engman, Sergio Mora, Kevin Titzer”             Lunar Boy Gallery – Astoria, OR

“Scott Radke, Kevin Titzer”                            Thinkspace Gallery – Los Angeles, CA

All Dolled Up”                                                          C1 Artspace –Toronto, Canada

« Valery Milovic, Matt Sesow, Kevin Titzer”                     Alcove Gallery – Atlanta, GA

2007

“Kings, Queens And Childhood Dreams”                   Strychnin Gallery – London, UK

 Solo Exhibition”                                                     Garde Rail Gallery – Seattle, WA

 “RE:Mission”                                                  Thinkspace Gallery – Los Angeles, CA

 “Hidden Depth”                                                   Subtext Gallery – San Diego, CA    

“Cult Of Children”                                            Black Maria Gallery – Los Angeles, CA

2006

“Andy Kehoe, Kathleen Lolley, Kevin Titzer”       Harmony Gallery – Los Angeles, CA

“Roger Clayton, Chris Dean, Kevin Titzer”                       Tag Gallery – Nashville, TN

“Gus Fink, Shaunna Peterson, Kevin Titzer”                  Alcove Gallery – Atlanta, GA

Casey McGlynn, Kevin Titzer”                                 Garde Rail Gallery – Seattle, WA

2005

“Mary Klein, Kevin Titzer”                                       Rogue Buddha – Minneapolis, MN

Transformation 5: Works In Found Materials”               SCC Gallery – Pittsburgh, PA

“Solo Exhibition”                                                      Garde Rail Gallery – Seattle, WA

Mr. Hooper, Kevin Titzer”                                               Alcove Gallery – Atlanta, GA

“Solo Exhibition”                                                        C1 Artspace – Toronto, Canada

Steve Cull, Kevin Titzer”                         Chapman Friedman Gallery – Louisville, KY

2004

“Kevin Titzer, Bill Skrips”                                                     Zeek Gallery – Salam, OR

Grimms Fairy Tales Reinvented”                Society Of Arts & Craft – Boston, MA       

“Mr. Hooper, Kevin Titzer”                                      Yard Dog Gallery – Austin, TX

Solo Exhibition”                                                       Garde Rail Gallery- Seattle, WA

Mr. Hooper, Kevin Titzer”                                               Alcove Gallery – Atlanta, GA

“Snowball In Hell: Art Inspired by They Might Be Giants”

                                                                                Garde Rail Gallery – Seattle, WA

2003

“Jon Langford, Kevin Titzer”                                        Tag Art Gallery – Nashville, TN

Rik Catlow, Mr. Hooper, Kevin Titzer”                          Tag Art Gallery – Nashville, TN

“Melissa Meyer, Kevin Titzer”                    Chapman Friedman Gallery – Louisville, KY

2002

“The Griffen Brothers, Kevin Titzer”                             Tag Art Gallery – Nashville, TN

“Jon Langford, Kevin Titzer”                     Chapman Friedman Gallery – Louisville, KY

“Gadgets, Gizmos, & Games”                          Art Complex Museum – Duxbury, Mass

2001

“Once And Again”                                                      OXOXO Gallery – Baltimore, MD

Jon Langford, Kevin Titzer”                                         Tag Art Gallery – Nashville, TN

“Spyglass”                                                  Gus Luckys Art Gallery – Minneapolis, MN

 “The Box”                                                  Chapman Fridman Gallery – Louisville, KY

2000

« The Elephant Project”                               Phukaewitaya School – Saraburi, Thailand

95-99

Exhibitions provided upon request

 

 

Exhibitions Curated

2004            – Snowball In Hell: Art Inspired By They Might Be Giants

2011            – Dig For Fire: Art Inspired By The Pixies

2013            – Troublesome Houses: Art Inspired By Will Oldham

 

Acknowledgements

2006         – Indiana Arts Commission Individual Artists Grant

                   Funded visiting artist trip to Berlin
2000         – Indiana Arts Commission Individual Artists Grant

                   Funded visiting artist trip to Bangkok

1997         – Penland School of Craft Assistantship

1996         – Anderson Ranch Arts Center Scholarship

 

Visiting Artist

2007       – Collaboration with artist April Gertler –  Berlin, Germany

2000        – Project 304 Art Gallery –  Bangkok, Thailand

1999        – University of Wisconsin River Falls –  Wisconsin

 

Workshops Taught

2000         – The Elephant Project – Phukaewitaya School – Saraburi, Thailand

2000         – Lost And Found – Artworks Studio – Evansville, IN

 

Art Direction

2007         – Mock Orange music video (Song in D) Album: Captain Love, Wendsday records

2005         – Wood Diary short film Directed by David E. Mayers, Exit 7 media

 

Biographies des artistes