Wilfred Barnes

Wilfred Barnes

Wilfred Molson Barnes RCA (1882-1955)

Né à Montréal, Wilfred Barnes étudie avec William Brymner, Maurice Cullen et Edmond Dyonnet au sein de l’Association des arts de Montréal. Il déménage à New-York pour étudier à la Chase School sous William Chase, Kenneth Hayes Miller, et Robert Henri. Il a aussi étudié à l’Art Students’ League sous Frank Vincent Drummond avant de revenir à Montréal en 1905. Il a fondé la Barnes School of Art. Ses paysages sont  réalistes, romantiques. Il peint  à l’huile, à l’aquarelle et au pastel. Il voyage pour peindre au Vermont, New-Hampshire, en Estrie et en Nouvelle-Écosse.

Il a exposé avec le groupe de l’Académie Royale Canadienne de 1904-1948.

Wifred M. Barnes misty morning

Charles Huot

Charles Huot

1855-1930

Charles Huot sera le premier artiste a être admis à l’atelier d’un grand académicien français, Alexandre Cabanel, est né à Québec en 1855. Peintre éclectique, il a décoré plusieurs lieux de culte, dont la Chapelle de l’Ermitage dédiée à Saint-Antoine-de-Padoue du Lac Bouchette, mais il est surtout reconnu pour ses toiles murales, tel que Le débats sur les langues de l’Assemblée Nationale du Québec.

Coloriste né, Charles Edouard Huot, dessinateur habile dont bien des critiques et collectionneurs ont su depuis toujours admirer l’imagination teintée de bonhommie, parfois chargée d’élan romantiques, on le retrouve pleinement dans ses scènes de la vie des saints.

aquarelle, Charles Huot

Charles Huot, artite

Réf.: Jean-René Ostiguy

Le Palais législatif

La préparation de cette étude a été grandement facilitée par l’étroite collaboration du Bureau d’accueil et d’information à l’Assemblée nationale du Québec, et par celle de Simone P. Huot, nièce de l’artiste. Le soutien constant du Centre de recherche en civilisation canadienne-française, gardien du fonds Charles Huot, nous fut d’un grand secours. Nous sommes également redevables au personnel de l’Inventaire des biens culturels, du Musée du Québec et des Archives nationales du Québec, ainsi qu’à nos collègues de la Galerie nationale du Canada. Que tous ceux qui ne sont pas spécifiquement mentionnés dans nos notes trouvent ici l’expression de notre plus profonde gratitude.

Introduction 

Le 11 novembre 1913 était inaugurée l’oeuvre qui rendrait célèbre le peintre québécois Charles Huot (1855-1930), alors au faîte de sa carrière. Ce tableau décore aujourd’hui la salle des délibérations de l’Assemblée nationale du Québec (voir fig. 18). L’artiste y suggère une reconstitution historique de la séance du 21 janvier 1793 de l’Assemblée législative du Bas-Canada, formée l’année précédente en vertu de l’Acte constitutionnel de 1791. On y décrit cet instant dramatique où les députés eurent à se prononcer sur l’amendement de John Richardson à l’effet que « l’anglais sera considéré le texte légal ». Porte-parole des élites intellectuelles et politiques du Québec en ce début du XXe siècle, Huot transposait en une création picturale l’essence même de leur pensée. Ayant satisfait à leurs exigences, on le remercia, en plus de le payer grassement, en le gratifiant du titre de peintre national. Sa gloire était dorénavant assurée par ce tableau qui demeure sans contredit un chef-d’oeuvre. D’emblée, cette murale avait cristallisé diverses tendances de l’art québécois en gestation depuis une trentaine d’années. Par sa réalisation, elle marquait un jalon essentiel du programme de décoration picturale du Palais législatif amorcé en 1883.

I. La décoration du Palais législatif

Avant de parler de décoration picturale, il sied de connaître l’édifice qui l’a reçue. L’historique des immeubles publics où logea le gouvernement québécois est particulièrement mouvementé: incendies, démolitions et déménagements le jalonnent. (1) Le pouvoir politique siégeait au Château Saint-Louis. Mais les besoins immobiliers du gouvernement, aigus, l’amenèrent à louer divers bâtiments dont le Palais épiscopal en 1777. Avec l’avènement du gouvernement représentatif en 1792, la chapelle servirait de salle des délibérations pour l’Assemblée législative. Finalement acquis en 1831, le gouvernement entreprend aussitôt d’agrandir l’édifice d’une aile. Sur le site de la chapelle on érige en 1833 le corps central de l’Hôtel du Parlement d’après les plans de Louis-Thomas Berlinguet (voir fig. I). En 1850 on démolit l’aile restante du Palais épiscopal et on achève la construction de l’Hôtel du Parlement, entre 1851 et 1852, d’après les plans de Pierre Gauvreau et George R. Browne. En 1854 l’édifice brûle. Logés chez les Soeurs de la Charité, les bureaux du gouvernement sont de nouveau la proie des flammes. En 1859-1860 on construit un nouvel édifice sur l’emplacement actuel du parc Montmorency. D’une architecture banale, celui-ci fut également incendié, en 1883, alors qu’on s’affairait à construire le Palais législatif actuel.

Quand on considère cette énumération de catastrophes et qu’on lui ajoute les déménagements successifs du siège du Parlement sous l’Union, (2) sans compter l’incendie dévastateur de Montréal en 1849, il n’est pas surprenant de constater que l’on ne connaisse pratiquement rien des décors intérieurs de ces édifices, qui ont péri avec nombre de biens culturels (archives, bibliothèques et musées inestimables). Une seule description, faite en 1852, nous permet d’évaluer sa décoration picturale. (3) Cependant, nous sommes beaucoup mieux renseignés sur l’actuel Hôtel du Gouvernement. Son architecte est Eugène-Etienne Taché. Ardent nationaliste, il s’inscrit dans le mouvement initié par l’historien François-Xavier Garneau qui avait publié son Histoire du Canada…en réponse à une boutade du rapport Durham à l’effet que les Canadiens étaient « sans histoire ni littérature ». (4) Taché illustrerait l’histoire de son pays par la décoration et l’architecture du Palais législatif; dont il voulait faire un panthéon. L’embellissement des édifices parlementaires rendrait donc hommage à nos gloires nationales tant par la sculpture que la peinture. Le tout serait couronné par la nouvelle devise du Québec, « Je me souviens », qui apparaît pour la première fois dans les plans et devis préparés par Taché. (5) En 1877 on s’attaqua à la construction des trois ailes affectées aux départements publics (les ministères actuels). Ces bureaux furent occupés dès 1880. Les fondations de la quatrième aile, le Palais législatif avec sa tour centrale, furent entreprises en 1881. On posa la pierre angulaire de cet edifice le juin 1884. (6) L’ensemble des travaux ne fut termine qu’en 1886.

Dès 1883 Napoléon Bourassa avait soumis un projet été détaillé de décoration intérieure et extérieure, dont il résumait ainsi la finalité: « ouvrir un champ digne et enviable à l’art national, […] consacrer, dans une oeuvre méritoire et durable, la mémoire des hommes et des faits glorieux de notre histoire. » L’artiste aurait fut ainsi réaliser sa « vieille ambition: celle d’établir ici l’art sur cette double base du culte religieux et du culte national. » (7) Bourassa était sans contredit un des candidats les mieux préparés pour la réalisation de cette tâche. Il avait acquis son expérience par la conception et la réalisation de deux grands ensembles décoratifs, la chapelle de Nazareth (1870-1872) et la chapelle de Notre-Dame-de-Lourdes (1873-1884). (8) Il s’était aussi attaqué, en 1859, à une composition historique d’envergure destinée au Cabinet de lecture paroissial de Montréal et intitulée L’Apothéose de Christophe Colomb. (9) Le contrat ne fut jamais réalisé malgré un nouvel espoir également infructueux en 1865. Désabusé de cet échec, le peintre confia son carton à Joseph-Charles Taché, commissaire du Canada à l’Exposition internationale de Paris, qui l’y fit exposer en 1867. L’Apothéose…en revint avarié pour demeurer oublié jusqu’à ce que Bourassa en fasse le principal item de son projet de décoration pour le Palais législatif. Le Musée du Québec conserve cette esquisse réalisée entre 1859 et 1865, plusieurs dessins préparatoires et une huile de grandes dimensions (voir fig. 2). On conserve une autre composition historiquede Bourassa, Le Naufrage de l’Auguste (fig. 3), également proposée pour la décoration du Palais législatif. (10)

Malgré son religieux patriotisme, Bourassa ne parvint pas à faire vibrer les politiciens à cette peinture d’histoire, somme toute assez peu nationaliste. Il est cependant intéressant de souligner les sujets proposés dans la mémoire de Bourassa qui eurent une grande influence sur ses successeurs. L’imagination stimulée par l’espoir d’un contrat gouvernmental, plusieurs artistes n’auront de cesse d’exploiter ces sujets historiques que lorsque la décoration du Palais législatif aura été complétée, ou donnée à contrat ferme à l’un d’eux. « La visite de Jacques Cartier à la bourgarde d’Hochelaga » inspirera Eugène Hamel (voir fig. 5) et Marc-Aurèle de Foy Suzor-Coté (voir fig. 8); « La défense du fort de
Verchères » fut repris par Huot, Suzor-Coté et le sculpteur Philippe Hébert; (11) « La défense héroïque de Dollard au Long Sault » sera peinte par Suzor-Coté (12) et Charles Huot, (13) tandis que Joseph Saint-Charles en réalisera une version pour la chapelle du Sacré-Coeur (église Notre-Dame de Montréal); (14)
« La mort de Montgomery à l’assaut de la barrière Près-de-Ville »,L’Apthéose…et Le Naufrage…eurent moins de succès.

Alors que Philippe Hébert, le protégé de Bourassa, se voit confier la réalisation d’une dizaine de sculptures pour la façade, (15) E. É. Taché désire remplir les encadrements vides destinés à recevoir des oeuvres picturales. Eugène Hamel, revenu de Rome en 1885, a déjà préparé une esquisse:

« Nous avons remarqué, dans l’atelier de M. Hamel, une esquisse historique d’un grand intérêt, c’est la réception de Jacques Cartier à Montréeal, par le chef de la bourgarde d’Hochelaga. Le sujet est tiré de Garneau. C’est saissant de vérité. […] Nous engageons fortement le gouvernement à confier M. Hamel la décoration des salles du nouveau parlement. » (16)

 

 

 

Louise Carrier

Louise Carrier

1925-1976

Louise Carrier a laissé une œuvre importante et authentique. C’est dans l’existence qu’elle a menée et aussi dans son art, où règne la sobriété, que l’on peut déceler toute la richesse intérieure de la femme, Louise Carrier. Ceux qui l’ont connue ont trouvé chez elle la femme, l’artiste,. la poète, la femme attachante, profondément humaine, celle qui avait le pouvoir de s’abreuver à ce que la vie a le plus vrai.

L’art de Louise Carrier est pur, d’une grande maturité. Son œuvre a échappé à l’influence de des différentes modes et écoles de pensée. Chez elle, peindre était un geste intimiste, modeste par lequel elle exprimait son amour des êtres et des choses. Peintre intimiste, Louise Carrier fixait sur la toile ses états d’âme, se projetait dans les visages qu’elle dessinait.

Chez cette artiste, l’indifférence n’avait pas sa place: c’éatit une passionnée, une convaincue que l’être humain, pour vivre, a besoin d.émerveillement. Mais ce feu qui l’animait s’alimentait des incertitudes, des angoisses, du désespoir même qui parsèment un jour ou l’autre le chemin de l’artiste.

« J’ai fait un auto-portrait, écrivait-elle dans son journal. Je suis dans l’angoisse au sujet de ce tableau. Quel martyre que la peinture:

1-plaisir de peindre meilleur moment

2-exaltation

3-doute, la fatigue se fait sentir

4-grande fatigue, goût de détruire

5-plus aucun discernement, aveuglement complet, abattement, désespoir

Je voudrais que je ne pourrais jamais abandonner la peinture. Comme je voudrais exprimer tout ce que ressens! »

Louise Carrier a une œuvre chaleureuse, empreinte de tendresse et de douceur.

Jean-Paul Lemieux, ami de l’artiste, est séduit par l ‘œuvre et la personnalité de Louise Carrier. « Sa peinture ne fait pas de bruit, elle est très douce, un peu mélancolique et ressemble beaucoup à cette petite femme fragile qu’elle était.  Professeur de Louise Carrier dans les années ’40, Jean-Paul Lemieux parle surtout de l’humilité de l’artiste et de son imperméabilité à toutes les théories qu’il appréciait chez elle.

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Vladimir Velicovic

Vladimir Velicovic

(Vladimir Velickovic)

En 1960, Vladimir Veličković sort diplômé de l’école d’architecture de Belgrade. Il se destine en fait à la peinture et, en 1962-1963, travaille dans l’atelier de Krsto Hegedušić à Zagreb. Il réalise sa première exposition personnelle en 1963.

Après son prix de la Biennale de Paris, en 1965, il s’y installe l’année suivante ; il vit encore aujourd’hui à Paris. Il est avec Dado et Ljuba Popović, artistes de la même génération, l’un des trois principaux peintres yougoslaves à être venu en France.

En 1972, Veličković représente la Yougoslavie à la Biennale de Venise.

De 1983 à 2000, il est chef d’atelier à l’École nationale supérieure des beaux-arts de Paris.

Prix et distinctions[

  • 1965 : prix de la Biennale de Paris
  • Chevalier de la Légion d’honneur
  • Membre de l’Institut1

Œuvre

Témoin, dans son enfance, des atrocités commises par les nazis en Yougoslavie, Vladimir Veličković exprime, par la peinture, la douleur et la violence de cette mémoire.

Au début des années 1960, il détermine les thèmes qui figureront de manière permanente dans son œuvre. Il peint des hommes ou des animaux (le plus souvent des rats ou des chiens) dont les corps sont confrontés à des situations dramatiques et terrorisantes.

À partir de 1972, il réalise des séries de peintures et de dessins inspirées des photographies d’Eadweard Muybridge (séries des « Descentes » [1989–1991] et des « Crochets » [1983–1991]).

Il « tente avant tout de laisser une cicatrice » dans la mémoire du spectateur du tableau.

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