William Ronald

Ronald, William

William Ronald, né Smith, peintre (Stratford, Ont., 13 août 1926 — Toronto, Ont., 9 févr. 1998). Par son expressionnisme abstrait, Ronald marque une époque dans l’art canadien.

Portrait de Trudeau

Huile et peinture au pistolet sur coton réalisée par William Ronald (avec la permission de l’artiste et de la Robert McLaughlin Gallery).

William Ronald, né Smith, peintre (Stratford, Ont., 13 août 1926 — Toronto, Ont., 9 févr. 1998). Par son expressionnisme abstrait, Ronald marque une époque dans l’art canadien. En 1953, il joue un rôle fondamental dans la formation du GROUPE DES ONZE, premier groupe de PEINTURE abstraite en Ontario. Son talent réside dans la spontanéité, le dynamisme et l’énergie de son oeuvre ainsi que dans sa facilité naturelle à manier le pinceau. Après des études au Collège des beaux-arts de l’Ontario, avec Jock MACDONALD, Ronald se rend à New York en 1952, où il étudie brièvement à la Hans Hofmann’s School.

Au milieu des années 50, après avoir fait le va-et-vient entre Toronto et New York, il déménage à New York. La peinture fragmentaire et explosive de Willem de Kooning l’influence, mais, par contraste, il utilise une technique sauvage afin de composer de grands motifs centraux avec, en arrière-plan, une ligne d’horizon. En 1957, il présente sa première exposition à la Samuel Kootz Gallery, une collaboration qui durera jusqu’en 1963.

Au milieu des années 60, il revient au Canada. En 1967, la commande d’une murale pour le CENTRE NATIONAL DES ARTS, à Ottawa, influence le style de Ronald. Son oeuvre évolue alors vers le Hard Edge, précurseur de l’art canadien des années 70. Il conserve son intérêt pour le mouvement automatiste, utilise une symbologie, souvent composée de motifs centraux qui l’intéresse. Il mène aussi une carrière de communicateur. Il anime une émission de variétés sur les arts, The Umbrella (1966-1967), présentée à la télévision, et une émission radiophonique As it Happens (1969-1972), diffusée sur les ondes du réseau anglais de Radio-Canada. Parmi ses oeuvres des années 80 figure une série de portraits abstraits de premiers ministres.

ref: encyclopédie canadienne

Art Inuit

Art Inuit

Art du Nunavik

La sculpture du Nunavik ( Art Inuit )réunit une variété de styles, allant d’œuvres très détaillées et représentatives à des sculptures minimalistes ou abstraites. La culture des Inuits ainsi que les matériaux utilisés par les artistes donnent à l’art du Nunavik sa saveur particulière.


Talents anciens

La première génération d’artistes contemporains sont nés à une époque où les Inuits vivaient encore des produits de la chasse et habitaient des abris qu’ils construisaient de peau, de pierre et de neige. Les habiletés des Inuits furent transmises de génération en génération et les hommes et les femmes étaient des experts à fabriquer les ustensiles qu’ils utilisaient au quotidien. Avant tout, c’est ce talent à créer des objets que les artistes voulaient faire reconnaître.
Le souci du détail 

Les pièces plus anciennes étaient typiquement des scènes détaillées qui représentaient des hommes et des femmes engagées à une tâche particulière. Les pièces comportaient souvent de petits instruments sculptés avec exactitude et les sculpteurs espéraient que les acheteurs seraient en mesure d’apprécier le réalisme de leur travail.

La stéatite, qui est composée en grande partie de talc, possède un grain très fin et se travaille avec des outils manuels tels des ciseaux et des limes. En plus, la stéatite qu’ils préféraient devenait gris foncé au polissage. Cette matière possédait donc toutes les qualités nécessaires pour montrer les détails qui étaient si importants pour les artistes.

Un art en évolution 

Au fur et à mesure que les artistes du Nunavik devenaient plus familiers avec la production de l’art, des œuvres plus imaginatives commencèrent à apparaître. Certains artistes se mirent à décrire le monde spirituel et d’autres délaissèrent l’exactitude pour mettre l’emphase sur le mouvement ou essayer de traduire une émotion en exagérant ou déformant des aspects de leurs sculptures. Ils se mirent aussi à utiliser d’autres pierres qui avaient des qualités nouvelles.

Ces nouveaux matériaux eurent, eux aussi, un effet sur les styles de sculpture. Les premières œuvres faites de serpentine étaient sculptées en surface seulement parce que la pierre est plus dure et a tendance à s’écailler quand elle est travaillée. Ces pièces sont monolithiques et l’admirateur peut souvent entrevoir la forme originale du bloc. Les artistes d’aujourd’hui disposent de meilleurs outils et peuvent maintenant découper ces pierres pour créer des sculptures plus délicates et dynamiques.

Un art moderne 
L’art du Nunavik continue son évolution parce que la culture des Inuits et des artistes est de plus en plus exposée aux influences extérieures. Les anciens artistes auraient du mal à comprendre certaines des pièces qui font le prestige de l’art du Nunavik d’aujourd’hui. Les artistes qui créent ces pièces sont bien enracinés dans leur culture mais expriment des idées et adoptent des styles bien contemporains.

Depuis plus de 50 ans, l’art du Nunavik a su capter l’attention des amateurs d’art parce qu’elle communique de façon très personnelle les pensées et aspirations des Inuits. Pour les Inuits, la production de l’art les a permis de se développer économiquement et leur procure un moyen de partager leur culture et traditions.

sculpture inuit, Nunavik, pierre à savon

sculpture inuit, Nunavik, pierre à savon

 

L’histoire des Inuits du Nunavik débute il y a 4000 ans, lors du retrait de la dernière glaciation des côtes de la Baie-d’Hudson et de la Baie d’Ungava. Les Paléo esquimaux, originaires de la Sibérie, se sont dispersés à travers l’Arctique canadien à la recherche de gibier.

Le climat rigoureux et les ressources plus rares du territoire canadien forcèrent leurs descendants, les Dorsétiens, à adopter un nouveau style de vie. Les archéologues ont découvert des lampes à l’huile en stéatite qui datent de cette époque et que l’on suppose avoir été utilisées pour chauffer l’intérieur des igloos.

Profitant d’une période de réchauffement, il y a environ 1000 ans, une nouvelle vague d’Inuits de l’Alaska descendit vers le Canada. Forts de leur habilité à chasser la baleine, les Thuléens ont progressivement remplacé les Dorsétiens qui vivaient toujours au Québec il y a environ 500 ans. Les Inuits du Nunavik parlent encore aujourd’hui d’une super-race d’Inuits qui aurait jadis habité leur territoire; sans doute parlent-ils de l’un ou de l’autre de ces deux peuples.

La période historique débute il y a 300 ans. Le climat s’étant refroidi, les Inuits durent encore une fois adapter leur mode de vie. C’est pendant cette période que les Inuits eurent leurs premiers contacts avec les Européens. Ces derniers leur apportèrent de
nouveaux outils et introduisirent l’idée de troquer de petits objets d’art en échange de ce dont les Inuits avaient besoin. Deux cent cinquante ans plus tard, ce concept allait faire naître une fructueuse industrie artistique.

C’est en 1948, à La Guilde canadienne des métiers d’art qu’aura lieu la toute première exposition et vente de sculptures esquimaudes. Les pièces recueillies auprès d’artistes du Nunavik, jusqu’alors inconnus, se vendent en quelques heures. Le gouvernement du Canada multiple ses efforts pour encourager les artistes et promouvoir cet art naissant. Les coopératives inuites voient le jour à la fin des années 50 et travaillent également au développement de l’art inuit. Ce dernier prend son envol en 1967 lors de l’Exposition universelle à Montréal. Le monde entier découvre alors la culture et le talent des artistes inuits.

LES MATÉRIAUX

Stéatite

Le terme stéatite est souvent substitué au terme pierre-à-savon et il sous-entend généralement la plus grande dureté de la pierre. La dureté de la stéatite est due à des minéraux autres que le talc qui sont incorporés dans la pierre, ou alors à une structure cristalline plus fine et plus dense.

Caractéristiques :

  • Une couleur grise, blanche ou presque argentée
  • De 1 à 3 sur l’échelle de dureté

Serpentine

La serpentine regroupe une famille de minéraux composée de silicate basique de fer et de magnésium (semblable au talc et aux chlorites). Des inclusions de minéraux forment des veines sinueuses dans la pierre et lui donnent son aspect particulier.

Caractéristiques :

  • Une couleur verte olive, jaune, or, brune ou noire
  • De 3 à 4.5 sur l’échelle de dureté

Argilite

L’argilite est une pierre sédimentaire composée principalement d’argile. Cette roche est dans un état de métamorphose peu avancé et son grain très fin permet aux sculpteurs d’incorporer des détails délicats dans leurs oeuvres.

Caractéristiques :

  • Une couleur grise, noire ou verte
  • De 2.5 à 4.5 sur l’échelle de dureté
LA TECHNIQUE
La pierre

Typiquement, les artistes obtiennent eux-mêmes la pierre à sculpter de carrières situées à quelques heures du village et qui sont accessibles par bateau ou traîneau. La carrière ci-contre est peu profonde et il est facile d’en extraire la pierre à la main. Certaines carrières se transforment en fosses profondes après plusieurs années d’usage et il est alors difficile et dangereux d’y travailler. Pour plus de sécurité, les artistes travaillent souvent en équipe lors de leurs expéditions.

Première étape

À leur retour, les sculpteurs auront plusieurs blocs de pierre à leur disposition. La forme particulière de la pierre suggèrera à l’artiste un sujet possible. Son choix fait, l’artiste passe à la première étape qui consiste à enlever, souvent à l’aide d’une scie, les parties inutiles du bloc de pierre.

Une forme émerge

D’une main habile, le sculpteur commencera alors à ébrécher la pierre avec une hachette jusqu’à ce qu’une forme émerge du bloc. La sculpture progressant, des outils plus petits seront utilisés pour affiner son travail. Souvent, ces outils auront étés fabriqués par l’artiste lui-même.

Les détails
Le plus souvent, le gros du travail de l’artiste consiste à détailler sa pièce. Ci-contre, la pierre est une stéatite qui se prête bien à ce travail minutieux. L’artiste utilise ici un ciseau pour percer et former la pierre.

Lissage

Le sculpteur commence à lisser la pierre à l’aide de papier sablé. Il y aura plusieurs étapes dans le polissage car des abrasifs de plus en plus fins seront utilisés en succession. Nous apercevons ici des pièces en os qui ont étés apposés sur les patins du traîneau de la sculpture, dans un effort de l’artiste pour demeurer fidèle à la réalité.

Dernier polissage

La sculpture est enfin terminée et l’artiste donne un dernier polissage à la pierre. Six semaines se sont écoulées entre le moment où l’artiste scia le bloc pour la première fois et la finition de son oeuvre. Comme beaucoup d’autres artistes, il y consacra quelques heures par jour tout en complétant aussi plusieurs autres petites pièces.

La pierre
Première étape
Une forme émerge
Les détails
Lissage
Dernier polissage
Dernier polissage

Artiste : Aisa Koperqualuk
1916 – 2004

Stéatite
Serpentine
Argilite

Leonor Fini

Leonor Fini

(1907-1996)

Leonor Fini est née à Buenos Aires le 30 Août 1907. Elle passe son enfance à Trieste auprès de sa mère, de ses grands-parents et de son oncle. La famille Braun est très liée à l’intelligentsia triestine : Italo Svevo, Umberto Saba et James Joyce. Elle ne fréquente aucune école d’art et sa formation est entièrement autodidacte. D’où, sans doute, la difficulté de l’identifier à un courant particulier de l’art contemporain, son évolution ayant surtout été marquée par des affinités électives et par son propre « musée imaginaire ».

leonor fini

leonor fini

Elle expose pour la première fois à l’âge de dix-sept ans, à Trieste, lors d’une exposition collective et, à cette même époque, au cours d’un séjour à Milan, elle rencontre les peintres Funi, Carra, Tosi et découvre l’École de Ferrare, Lombarde, ainsi que les maniéristes italiens.

En 1931, Leonor quitte sa famille et s’établit à Paris où elle présente, l’année suivante, sa première exposition personnelle à la Galerie Bonjean, dont Christian Dior est le directeur.

Elle se lie d’amitié avec Henri Cartier-Bresson, André Pieyre de Mandiargues, Georges Bataille, Max Jacob, Paul Eluard, Max Ernst, sans jamais cependant appartenir au groupe surréaliste. En 1936, elle effectue son premier voyage à New York où elle expose à la Julien Levy Gallery et participe à la célèbre exposition “Fantastic Art, Dada and Surrealism”, au Museum of Modern Art et en 1939 elle organise pour son ami Leo Castelli une exposition de meubles d’artistes surréalistes tels qu’elle-même, Dali, Meret Oppenheim, Max Ernst à la galerie René Drouin, Place Vendôme.

À  l’approche de la Seconde Guerre mondiale, elle quitte Paris avec son ami Mandiargues, passe une partie de l’été 1939 en compagnie de Max Ernst et de Leonora Carrington dans leur maison en Ardèche, puis part vivre à Arcachon auprès de Salvador et Gala Dali. En 1940, elle vit à Monte-Carlo où elle peint principalement des portraits, activité qu’elle poursuivra jusqu’au début des années soixante. Ses portraits préférés sont ceux de ses amis : Anna Magnani, Maria Felix, Suzanne Flon, André Pieyre de Mandiargues, Leonora Carrington, Meret Oppenheim, Jean Genet, Jacques Audiberti, Alberto Moravia, Elsa Morante. En 1941, elle fait la connaissance de Stanislao Lepri, consul d’Italie à Monaco, qu’elle incite à devenir peintre. Lors de la libération de Rome, en 1943, elle s’installe avec lui. De retour à Paris, en 1946, elle retrouve son ancien appartement de la rue Payenne. En 1952, une rencontre primordiale : celle de l’écrivain polonais Constantin Jelenski avec qui elle partagera désormais sa vie.

Les années d’après-guerre resteront pour le grand public celles de l’entrée en scène de Leonor Fini : création de masques, participation à de nombreux bals costumés, décors et costumes pour Le Palais de Cristal de Georges Balanchine, à l’Opéra de Paris, Les Demoiselles de la Nuit de Roland Petit, au théâtre Marigny, L’Enlèvement au Sérail, à la Scala de Milan ainsi que pour des pièces en collaboration avec Jean Mercure, Jacques Audiberti, Albert Camus, Jean Genet, Jean Le Poulain. L’été 1954, elle éprouve un véritable coup de foudre pour un lieu très sauvage, dans lequel elle se sent en parfaite harmonie. Proche de Nonza, en Corse, elle s’y installe dans un ancien monastère franciscain en ruine où désormais elle peint chaque été.

Passionnée de littérature et de poésie, Leonor illustra plus d’une cinquantaine d’ouvrages, dont les œuvres de Charles Baudelaire, qu’elle admirait profondément, celles de Paul Verlaine, de Gérard de Nerval, d’Edgar Allan Poe. Parallèlement, elle continua de créer décors et costumes pour l’opéra et le théâtre : “Tannhaüser”, à l’Opéra de Paris (1963), “Le Concile d’Amour” d’Oscar Panizza, au Théâtre de Paris (1969) et également pour le cinéma : “Roméo and Juliet” de Renato Castellani (1953), “A Walk with Love and Death”de John Huston (1968). De nombreux écrivains et peintres lui ont consacré des monographies, des essais, des poèmes : Paul Eluard, Giorgio de Chirico, Mario Praz, Max Ernst, Yves Bonnefoy, Constantin Jelenski, Jean-Claude Dedieu.

Debut 1960, Leonor Fini s’installe à Paris, dans un appartement, rue de la Vrillière, entre le Palais Royal et la Place des Victoires. Elle y vécut, entourée de ses amis et de ses chats, ainsi que dans sa maison de Saint-Dyé-sur-Loire, en Tourraine, jusqu’à sa disparition le 18 janvier 1996.

D’importantes expositions rétrospectives ont été consacrées à Leonor Fini et à son œuvre : en Belgique (1965), en Italie (1983,2005), au Japon (1972-73, 1985-86, 2005), aux Etats-Unis (Weinstein Gallery, San Francisco, 2001-2002, 2006, 2008 ; CFM Gallery, New York, 1997, 1999), en France, au Musée du Luxembourg, Paris (1986), à la Galerie Dionne (1997), à la Galerie Minsky (1998, 1999-2000, 2001, 2002, 2004, 2007, 2008), ainsi qu’en Allemagne, au Musée Panorama, Bad Frankenhausen (1997-98). Le Musée d’Hospice Saint-Roch, à Issoudun, présente, depuis 2008, une exposition permanente et l’installation du “Salon de Leonor Fini”.

En 2007 paraît la première biographie consacrée à Leonor Fini et à son œuvre : Leonor Fini, Métamorphose d’un art, Peter Webb, éditions Imprimeries Nationale – Actes Sud.

Réf.: www.leonor-fini.com