Luca Fortin

LUCA FORTIN

Mes œuvres puisent leur inspiration en parallèle à mes recherches architecturales. Je souhaite mettre en évidence ces contrastes quotidiens qui nous entourent que sont la mort et la vie; la présence et l’absence; le vrai et le faux. Je veux faire vivre au regardeur une expérience de corps à corps avec un monde où la prédominance d’une atmosphère éthérée donne lieu à des flous, des fondus et où l’absence de repères me permet d’osciller entre la composition et la décomposition de l’espace. Cette idée d’assister à quelque chose qui est en train de se modifier et d’évoluer est centrale à mon exploration matérielle. Mes récentes recherches tendent vers une hybridité entre techniques traditionnelles et outils numériques où je passe de l’un à l’autre afin de générer des formes qui sont ensuite déformées par ce même processus de création d’image. Je joue ainsi avec l’échelle des objets dans le but de créer des ambiguïtés visuelles qui invitent à se questionner sur ce qui se trouve entre l’un et l’autre, entre la réalité et la fiction, entre le physique et l’impalpable.

 

Luca Fortin est actuellement candidat à la maîtrise professionnelle en architecture et complète à l’été 2015 le microprogramme de deuxième cycle en création de livre d’artiste à l’Université Laval. Son parcours est reconnu par sa nomination comme médaillé du Lieutenant-gouverneur du Québec pour la jeunesse (2008); La fondation du millénaire du gouvernement du canada (2009); La fondation W. Garfield Weston (2009); The Loran Award Foundation (2010); Forces Avenir au collégial (2011) ainsi que par l’Université Laval qui lui remet une bourse de leadership artistique en 2014. Ses œuvres font partie de la collection Loto-Québec ainsi que de plusieurs collections privées.

Luca Fortin artiste Alma, galerie d'art la Corniche

Luca Fortin artiste Alma, galerie d’art la Corniche

L’œuvre de Luca Fortin prend son inspiration dans sa réflexion sur la présence et l’absence, le lieu et le non-lieu. Travaillant principalement sur de grandes surfaces,  l’artiste cherche à faire vivre au spectateur une expérience de corps à corps avec ses personnages. Il propose de  pénétrer dans le monde tantôt absent, tantôt présent dans lequel ils évoluent. C’est à travers l’atmosphère éthérée qui prédomine dans ses toiles que son travail pictural prend toute sa force. Les flous, les fondus et la perte d’échelle rappellent l’immensité des grands espaces naturels, sans toutefois donner trop de précision sur le lieu. Ses études  en architecture l’amène à jouer sur la limite entre la composition et la décomposition de l’espace, où la figuration et l’abstraction sont mises en relation. Travaillant en opalescence, cela lui permet d’apporter un caractère mystérieux, ésotérique et fantomatique à ses œuvres. Il tente de proposer un portrait sensible, abordant entre autres des thèmes tels que l’abandon, la mort, l’avenir et l’espoir.

Il met en évidence l’univers parallèle au nôtre, celui qu’on ne veut pas voir. Tantôt apaisant, c’est ce brouillard qui domine l’univers de la toile, conférant une intensité d’émotion au propos qu’elle renferme. C’est ce qui nous tient à la surface. Les œuvres de Luca Fortin  nous incitent à entrer dans cet univers reposant, mais également étrangement inquiétant, voire effrayant. L’idée d’être dépassé par ce que l’on voit est bien là, toutefois, elle s’articule et se mélange autour des thèmes tels que l’espoir et la passion. Il tente davantage à susciter des questionnements que des réponses.

 

Luca Fortin vit et travaille à Québec et Saint-Gédéon, où il passe ses étés à peindre. Étudiant au baccalauréat en architecture à l’Université Laval, il est récipiendaire de nombreux prix et bourses, notamment de la fondation Loran scholars et Garfield Weston, il reçoit également la médaille du Lieutenant-gouverneur du Québec en 2008. Ses œuvres sont présentées en galeries depuis 2009.

 

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Louis-Pierre Bougie

Louis-Pierre Bougie,

Louis-Pierre Bougie né à Trois-Rivières, Québec, le 16 août 1946 est un peintre et graveur canadien spécialisé en taille douce et en eau forte après une longue formation aux ateliers Lacourière-Frélaut à Paris, où il a travaillé pendant plus de quinze ans, et lors de nombreux séjours de travail et d’étude en France, Portugal, Pologne, Irlande, Finlande et New York. Ses œuvres sont régulièrement exposées dans des galeries canadiennes, américaines et européennes. Plusieurs de ses œuvres font partie de grandes collections publiques et privées notamment au Québec et à New York. Bougie est l’indéniable chef de file de la gravure au Québec, par la profondeur du propos et la continuité du travail.

Œuvre

Louis-Pierre Bougie produit depuis quelques années une œuvre gravée et peinte considérable, faisant appel aux techniques traditionnelles du burin, de l’aquatinte, du chine encollé, pour produire un travail en taille-douce résolument moderne. Bougie appartient à la grande lignée des Goya, Blake et Rops, il a développé une technique originale du monotype, qui met à contribution les procédés de la gravure pour intégrer des dessins réalisés à partir de modèles vivants. On assiste alors à une inversion de la technique : le papier est déjà dessiné à la pierre noire et rehaussé à l’acrylique avant de recevoir l’image de la plaque : une planche de cuivre encrée, qui aura été mordue au préalable par des badigeons d’acide (des crachis ou « spit-bites ») et quelques éraflures au grattoir. L’impression saisit le tout dans une transparence surnaturelle : à donner de la lumière, c’est bien ce que l’on entend par enluminure. Chez Bougie, la gravure devient un procédé qui permet d’ouvrir, et de sceller un espace, où le désir et l’imagination se déposent autrement dans la matière corporelle, où la lumière (par rehaut et parenluminure) fait remonter autrement l’apparaître et nous redonne une part de nous-mêmes.

Au début des années 1980, alors qu’il multiplie les séjours dans des grands ateliers de gravure à l’étranger (Strasbourg, Paris, etc.) Louis-Pierre Bougie fonde – avec quelques artistes passionnés d’eau-forte (Pierre-Léon Tétreault, Kittie Bruneau, etc.) – l’Atelier circulaire1. Il n’aura de cesse, tout au long de sa carrière, d’aider à promouvoir les œuvres gravées des artistes québécois, au Québec comme à l’extérieur du Canada, et à multiplier les liens avec le milieu littéraire. En 1983, dans un texte commun, les poètes Gaston Miron et Michaël La Chance ont envoyé un télégramme à Louis-Pierre Bougie : « Nous saluons Louis-Pierre Bougie qui est de ceux qui, en devançant le lendemain augmente ses possibilités et dévie le temps de son encerclement mortel2. » Sa réputation de buriniste hors pair et d’aquafortiste de renommée internationale a contribué à jouer ce rôle de diffusion et de valorisation de la gravure québécoise. Ce travail de médiateur, Bougie le joue de façon significative par les invitations qu’il lance à des artistes étrangers, pour une impression taille-douce d’un livre d’artiste (François-Xavier Marange), pour des résidences de production (Martin Müller-Reinhart), pour des échanges Québec-France-Québec-Taiwan, etc. Discret et solitaire, il a joué un rôle décisif pour encourager et promouvoir nombre d’artistes du Québec qui sont passés par l’Atelier circulaire ou à l’occasion d’expositions collectives qu’il organise et dont il a été commissaire.

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