Masson, Henri

Henri Masson

Originaire de Belgique, Henri Masson vint s’établir dans notre pays avec sa mère qui était veuve. C’était en 1921. Il avait alors 14 ans, et il était enfant unique.

En 1929, il épousa celle qui fut pour lui le grand amour de sa vie, sa meilleure amie, Germaine St-Denis, une francophone d’Ottawa. De cette union sont nés trois enfants: Armande, Carl et Jacques.

En 1945, alors âgé de 38 ans, il abandonna son métier de graveur pour se consacrer totalement à la peinture. Fidèle à lui-même, il voulait, sans prétention aucune, traduire sur toile les gens et les lieux de notre belle réalité canadienne.

Comme peintre professionnel, exerçant son art à temps plein, il a été un pionnier de son époque. Très peu d’artistes osaient, en effet, s’aventurer ainsi, dans leur quotidien, sur la voie précaire de l’expression plastique. Henri Masson était donc homme de courage.

Il était également un homme aux convictions profondes parce qu’animé d’une spiritualité intense et vivante. Il disait encore tout récemment :

 »Quand je passe une journée dans la nature à la contempler, à l’observer, pour l’exprimer sur toile, je me sens rempli d’une présence. Et je découvre le sens de la prière. »

Il nous a quittés le 9 février 1996

AUTOMNE.1

Henri Masson est né le 10 janvier 1907 à Spy, un petit bourg près de Namur en Belgique. À l’âge de 13 ans, Il étudie à l’Athénée Royale de Bruxelles. Dès lors, tous ses moments de loisirs sont consacrés au dessin et à la peinture. Suite au décès de son père en 1921, il émigre à Ottawa en compagnie de sa mère. En 1923, il travaille dans un atelier de graveur et suit des cours à l’Ottawa Art Association et à l’Ottawa Art Club.

Il continue d’exercer son métier de graveur qui assure une sécurité à sa famille et qu’il ne quittera qu’en 1945. Il dit à ce propos: “J’avais trois enfants et je n’étais pas du genre bohème”. Masson travaille à l’atelier de gravure le jour, peint le soir et toutes les fins de semaine.

Il participe pour la première fois à une exposition de groupe en 1933 et y présente des aquarelles, des pastels et des dessins. Ce n’est qu’en 1936 qu’il expose ses premières huiles à l’Ontario Society of Artists à Toronto.

La maison des Masson est une ruche bourdonnante et les amis de la famille s’y rencontrent une fois par semaine pour  discuter musique, peinture, société et politique. Cultivé, Masson anime les soirées.

Le franc-parler qui le caractérise lui feront soulever des débats animés à l’occasion mais il garde son indépendance d’esprit  et reste constant dans son oeuvre.

En 1937, à la naissance d’un premier fils, Carl, Henri Masson expose au Caveau. Sa première exposition solo sera tenue au Picture Loan Society à Toronto en 1938, suivie en 1939 d’un autre solo au Caveau. Il expose également avec le Canadian Group of Painters à New York et à Montréal.

En 1941, Masson commence à exposer à la galerie l’Art Français (aujourd’hui Galerie Valentin), est élu membre du Canadian Group of Painters et entre à la Canadian Society of Painters in Watercolour ainsi qu’à la Société des Arts Graphiques.

En 1944, avec H. O. McCurry, A. Y. Jackson et Arthur Lismer, Masson est juge au concours des artistes de guerre, au Musée des beaux-arts du Canada. Il participe à l’exposition de la Yale University Art Gallery à New Haven et à l’exposition du Musée des Beau-Arts de Rio de Janeiro, au Brésil. Un documentaire de l’Office National du Film mentionne l’artiste et son oeuvre cette même année. En 1945, il est élu à la présidence de la Conference of Canadian Artists à Ottawa.

En 1951, Henri Masson enseigne à l’Université Queens et en 1952, il retourne en Europe pour la première fois et revoit Spy, son lieu de naissance.

L’été 1954, il enseigne à la Banff School of Fine Arts. En 1955, il reçoit un doctorat honorifique de l’Assumption College de Windsor, en Ontario. La même année, avec le peintre A. Y. Jackson, Masson enseigne au Festival d’été de Kingsmere. Un tableau de l’artiste « Logs on the Gatineau River » orne la page de couverture du Canadian Geographical Journal.

En 1957, Masson retourne en Europe et séjourne en Italie, en France et en Belgique.

De 1960 à 1963, Henri Masson donne des cours d’été à la Doon School of Fine Arts. Il illustre, pour le magazine Fortune, un article sur la Révolution Tranquille du Québec, « Quebec in Revolt ».

1973, Masson voyage en Union Soviétique. Il participe en 1975 à une entrevue d’une heure radiodiffusée par Radio-Canada.

En 1976, il voyage en Orient: Japon, Taiwan, Malaisie, Thailande et Hong Kong.

En 1979, la municipalité de Sainte-Catherine d’Alexandrie donne à une rue le nom d’Henri Masson.

En 1980, Masson participe à l’émission Rencontres à la Télévision de Radio-Canada et, dans le cadre de la série d’émissions L’Atelier, il a une entrevue d’une heure avec Naim Kattan à la chaîne FM de Radio-Canada.

Henri Masson est élu membre :

du Groupe des peintres canadiens
de la Société Canadienne des Peintres et Aquarellistes
de la Société Canadienne des Arts Graphiques
de la Société des Artistes canadiens

SUJETS/THÈMES

Masson est d’abord un paysagiste. Il peint la nature, les arbres, les petits villages, la mer, les barques, les phares et les bateaux.

Les oeuvres de Masson montrent un intérêt pour les vieilles maisons et les rues de la ville. Il peint les quartiers populaires. Il porte un intérêt particulier au patrimoine canadien-français. Bien qu’il ait peint des paysages européens, Masson est un peintre du Canada, les paysages représentés sont ceux de la région d’Ottawa, de Gatineau et surtout de la province du Québec: Gaspé, Charlevoix (surtout la Baie St-Paul), les Cantons de l’Est et les Laurentides.

Le peintre peint en plein air. En 1940, Marius Barbeau, critique d’art, note que l’artiste s’intéresse au côté humain du pays qu’il explore, choisissant de préférence les sujets où les gens sont au travail ou s’adonnant au jeu. Il qualifie Masson à la fois de chroniqueur et de paysagiste.

MÉDIUM/TECHNIQUE

Dans les années 1940, le Montreal Standard vante le réalisme de Masson, la vivacité de son coloris et ses dons de satiriste. Le critique P. Gélinas, dans Le Jour, félicite Masson de n’avoir pas suivi la mode et d’avoir abordé une voie personnelle au lieu de chercher un moyen terme entre le cubisme et le surréalisme. Il note que le peintre a le sens de l’éclairage, la perception du drame de la terre d’automne, de la tragédie du vent et du mystère indéfinissable de la lumière. Masson passe aux yeux des critiques en 1958 pour l’un des meilleurs aquarellistes du pays. Il donne à tout ce qu’il touche un accent vigoureux et dynamique. Sa peinture, souvent gaie, est riche en observations.

Que ce soit dans ses dessins, ses aquarelles ou ses huiles, Masson porte une attention aigüe au détail. Les tableaux se tiennent malgré les hardiesses de coloris parfois un peu déconcertantes. Il poursuit dans la peinture ses recherches sur la lumière.

Marcel Parizeau, dans un article intitulé “La peinture Canadienne d’aujourd’hui” paru dans l’Amérique française, tome II, perçoit chez Masson une influence américaine sur le coloris, la matière, la “patte” et la façon d’aborder le sujet.

En 1943, l’artiste atteint une maturité dans son travail. Il attire l’attention duspectateur sur le coloris et le mouvement de certains tableaux. Il utilise la couleur de façon éclatante et avec un plaisir évident. Toutefois son art n’en reste pas moins subtil. La composition peu commune de chacune des toiles met en évidence la touche du peintre, souvent jugée excellente dans son ensemble.

Masson explique ainsi l’évolution de sa peinture: « Mon activité croissante faisait que ma peinture changeait et qu’elle évoluait avec les années qui s’envolaient. Ça se faisait tout doucement, presque imperceptiblement. Quand je peignais en 1945, 1946, 1947, j’utilisais des couleurs un peu plus sombres. Mon art était un peu plus graphique et ma peinture était un peu plus austère. Je peignais des sujets qui me permettaient d’étaler ma perception, ma vision personnelle des choses ».

EXPOSITIONS 

1996: « Hommage à Henri Masson », Galerie Jean-Pierre Valentin, Montréal
1996: Galerie Montcalm de la maison du citoyen, ville de Hull
1992: « A legend in his own time », GalerieDiana Paul, Calgary
1991: Retrospective, University Club d’Ottawa. Masson est élu Membre Honoraire.
1990: Huiles, Galerie Vincent, Ottawa
1989: Retrospective, Club Garrison, Québec. Masson est élu Membre Honoraire
1986: Peintures, Galerie Kinsman-Robinson, Toronto

1986: Pastels, Galerie Vincent, Ottawa

1985: Galerie Kinsman-Robinson, Toronto

1984: Galerie Mihalis, Montréal
1982: Masters gallery, Calgary
1981: Solo, Rétrospective, Galerie Kinsman-Robinson, Toronto
1980: Solo, Galerie Klinkhoff, Montréal
1978: « L’art du paysage au Québec, 1800-1940 », exposition itinérante à travers les provinces de l’Ouest et celles de l’Atlantique, Musée du  Québec
1978: Solo, Downstairs Gallery, Edmonton
1976: Solo, Galerie Klinkhoff, Montréal
1976: Solo, Art Emporium, Vancouver
1974: Solo, Galerie Klinkhoff
1974: Solo, Art Emporium, Vancouver
1971: Solo, Galerie Wallacks, Ottawa

1970: Exposition d’Osaka, pavillon du Québec
1970: Musée Bezalel, Jérusalem
1970: Hirshorn Museum, Washington, D. C.
1967: Solo, Galerie Art Lenders, Montréal

1967: Solo, Galerie Wallacks, Ottawa
1964: Solo, Galerie Klinkhoff, Montréal
1963: « Les maîtres de la peinture et de la sculpture canadiennes ». Canadian Group of Painters, Galerie Nationale Musée d’Art de London, Ontario

1962: Canadian Group of Painters, Ontario Art Gallery, Toronto
1961: Solo, Galerie L’Art Français, Montréal
1959: Solo, Laing Gallery, Toronto
1958: Solo, Waddington Gallery, Montréal
1957: Solo, Roberts Gallery, Toronto
1955: Solo, Ontario Art Gallery, Toronto
1955: Exposition, Musée d’Art de Winnipeg
1954: Solo, Roberts Gallery, Toronto

1954: Solo, Galerie L’Art Français, Montréal
1954: Foyer de l’Art et du Livre, Ottawa
1954: Galerie XII, Musée des Beaux-Arts, Montréal
1953: Little Gallery, Ottawa
1953: Présentation d’art moderne du plan de Colombo, New-Delhi
1953: Exposition du couronnement d’Elisabeth II, Musée des beaux-arts du Canada, Ottawa
1951: Biennale de Sao Paolo, Brésil
1950: Canadian Group of painters, Toronto Art Gallery

1950: Exposition avec Harold Town, London Art Museum

1949: Exposition pour Boston, États-Unis, Musée des beaux-arts du Canada

1948: Avec 5 autres artistes canadiens( G. Roberts, Cosgrove, D. Milne, E. Carr et F. Brandtner), Norwood Gallery, West Palm Beach, Floride

1947: Little Gallery, Ottawa
1945: Solo, Eaton’s College Gallery, Toronto
1945: Solo, Little Gallery, Ottawa
1945: Exposition de groupe, Musée des beaux-arts, Ottawa
1944: Exposition de groupe, Yale University Art Gallery, New Haven
1944: Solo, Galerie L’Art Français, Montréal
1944: Solo, Little Gallery, Ottawa
1944: Exposition de groupe, Musée des Beaux-Arts, Rio de Janeiro, Brésil
1943: Solo, L’Art Français, Montréal
1942: L’Unesco, Paris
1942: International Water Colour Society, Brooklyn
1942: Solo, Contempo Studio, Ottawa
1942: Galerie Addison, Massachussets
1941: 1er Solo, Galerie L’Art Français, Montréal
1941: Picture Loan Society, Toronto
1939: Exposition Mondiale de New York
1939: Solo, Le Caveau, Ottawa
1939: Canadian Group of Painters, Toronto
1939:57ème Salon du Printemps, Galerie des Arts, Montréal
1938: 1er Solo, Picture Loan Society, Toronto
1937: Le Caveau, Ottawa
1936: Exposition des premières huiles, Ontario Society of Artists, Toronto
1933: Aquarelles, pastels et dessins, Première exposition de groupe, Ottawa

BIBLIOGRAPHIE

Depuis 1938, Henri Masson fait l’objet de plusieurs articles dans les journaux et revues canadiennes et américaines. Il est également le sujet de différentes publications d’historiens de l’art, dont:

Marcel Gingras, Henri Masson, Signatures, Éditions Marcel broquet, 1981
C. Bouchard, Henri Masson, La vision d’un peintre, 1979
H. de Jouvancourt, Biographie, les Éditions La Frégate, 1975
Article dans le Time de New York, 1950
Documentaire de l’Office National du Film, 1944
Article dans le Geographical Magazine, Londres, 1943

COLLECTIONS

Musée des Beaux-arts du Canada
Musée de la province de Québec
Musée Lord Beaverbrook
Art Gallery, Ontario
Art Gallery, Hamilton
Art Gallery, Windsor
London Public Library and Art Museum
Art Gallery, Saskatoon
Art Gallery, Edmonton
Art Gallery, Vancouver
Art Gallery of Greater Victoria
Mendel Collection, Saskatoon
Université Concordia, Montréal
Université d’Ottawa
Hart House, Toronto
University College, Toronto
Université de Montréal
Memorial University of Newfoundland
McMaster’s University, Hamilton
Agnes Etherington Art Centre, Kingston
Norman Mackenzie Art Gallery, Regina
Musée de Joliette, Québec
Firestone art Collection, Ottawa
Galerie Nationale du Vénézuela, Caracas
Musée Vinadelmar, Chili
Musée Bezalel, Jérusalem
Hirshhorn Museum, Smithsonian Institute, Washington
Mayhar Corp.
Le Club St-Denis
Corby’s Distillery
Canadian International Paper
Mount-Royal Club of Montreal
Morgan Trust Co.
Mamcor Inc.
The Mercantile Bank of Canada
Meagher’s Distillery Ltd.
Hiram Walker
Reader’s Digest
Can West Capital Corp.
Steinberg Ltd.
Northern Telecom
Les propriétés Léopold Inc.
Jessiman & Co.
The Investors Group of Winnipeg
IAC Ltd.
General bearing Service Ltd.
Imperial Oil Ltd.
ainsi que de nombreuses autres collections privées et corporatives

English version
Henri Leopold Masson, Canadian, (OSA, CGP, GSPWC)was born in Namur, Belgium in 1907. He came to Canada with his family in 1921 and settled in Ottawa. He was employed as a silver engraver for several years as a young man and became a master engraver at the age of 25. Visiting the National Gallery of Canada around this time he discovered the work of the Group of Seven. Inspired by their style and use of colour he was inspired to try painting himself. He studied for a time at the Ottawa Art Association, but was mainly self taught. Two years later, in 1934, he was already emerging as a painter of importance. By 1945 he could devote most of his time to painting and exhibited extensively with good success. He painted genre scenes in the Hull area and landscape in the Gatineau Valley. He also painted on trips to Europe and the United States. He exhibited at the Robertson Galleries and Wallack Galleries in the 1960 and 70’s. A significant collection of his work is housed in the National Gallery of Canada. He died in 1996.

Biographies des artistes