Michel Lancelot

Michel Lancelot

Biographie: Né le 5 mars 1945 en Angers, France. Il est au Québec depuis 1967.

Formation: 

En 1974, il graduera en option gravure de l’École des Beaux-Arts de Montréal. La même année, il dirigera le Pavillon de la gravure sur le site de Terre des Hommes. Il y sera l’hôte de la première rétrospective des oeuvres en gravures d’Albert Dumouchel, considéré comme le père de la gravure québecoise. Michel Lancelot a passé sa vie à enseigner les beaux arts dans diverses institutions. Depuis 1995, il se consacre exclusivement à son art. Il est membre de l’atelier Circulaire, un des ateliers de gravures les plus actifs de Montréal.

Collections: 
Banque Nationale – A.A.P.P. Inc. – GPC Concordia – Musée des Beaux-Art de Montréal – Groupe Everest – Institut de Recherche Clinique de Mtl – Fonds de solidarité, FTQ – Pouliot Mercure

 

Metro

L’Express d’Outremont

4 décembre 2012

Une inscription, un graphe dans les formes de la temporalité : telle pourrait être une caractérisation de l’œuvre de Michel Lancelot. Cela tient d’abord à la maîtrise éclairée de différentes techniques : aquatinte, lithographie, eau-forte, pratiques qui s’entrecroisent, qui s’éclairent et fournissent d’inépuisables possibles.

L’artiste fût aussi enseignant, et cette profession qui exprime entre autres la volonté d’être un passeur, de transmettre un savoir qui est surtout un héritage, confère aussi une texture particulière à la recherche artistique.

Le versant intuitif, la spontanéité du geste doit se décomposer pour être saisie; à la limite, il faut revenir à l’aube des apprentissages pour les re-connaître. Une temporalité qui est aussi conservation et valorisation, car Michel Lancelot investit dans ses récents travaux des cartes géographiques tirées de vieux almanachs, des gravures d’Hokusai extirpées de beaux livres sur l’art, des trouvailles en grand format aux couleurs surannées.

Ces supports sur lesquels s’effectue le travail sont choisis non seulement pour les qualités inhérentes à la matière, mais aussi et surtout pour la beauté des gravures, du dessin, des coloris et des moments de l’histoire qu’ils représentent. L’intervention n’est jamais passéiste; il s’agit plutôt d’un hommage, une façon de créer un dialogue entre l’artiste et cette matière venue du passé.

Michel Lancelot pose sur cela des formes végétales, animales et humanoïdes qui forment des compositions où l’équilibre et la cohérence sont constants. Il y a parfois émergence d’un petit théâtre. Parfois aussi quelques traits dessinent-ils un visage, ébauchent un sourire narquois, tracent un œil malicieux, toutefois la figuration ne porte pas un message

Sous l’encre noire comme sous les carmins, citrons ou azur, il est possible de distinguer les fonds ouvragés; les formes créées par l’artiste ouvrent là-dessus des fenêtres à ces anciennes harmonies. Ce sont les signes d’une appréciation très sentie envers des qualités de savoir-faire du passé. Par ailleurs, une vie bien réelle et une ironie bienveillante imprègnent ce travail, et cela laisse l’impression d’une sorte d’allégresse, d’une célébration esthétique épurée de tout contenu doctrinal.

Voici une mince inscription dans le corps même de la démarche de l’artiste : une recherche heureusement sans fin poussée toujours plus avant par une passion pour les techniques de gravure, de dessin, de peinture. Un dialogue médiatisé par des créatures et des créations que l’on reconnaît immédiatement; elles composent le délicat paraphe de Michel Lancelot dans l’histoire de l’art.

(Texte : Hugues Brouillet)

Michel Lancelot, atelier circulaire, borduas marchand d'art,

Michel Lancelot, galerie la corniche, borduas marchand d'art, atelier circulaire