Marc-Aurèle Fortin

Marc-Aurèle Fortin est né le 14 mars 1888 à Sainte-Rose, au Québec. Il vient d’une famille aisée. Son père était avocat et conseiller juridique. Sa mère était femme au foyer. Ainsi, issu d’une bourgeoisie catholique, cette famille ne crois pas qu’une carrière d’artiste peut constituer un mode de vie souhaitable. Toutefois, l’enfance de Fortin se déroule paisiblement.

La famille Fortin emménage à Montréal au début du siècle. En 1903, Fortin alors âgé de quinze ans, fréquente l’Académie catholique de Montréal. Son intérêt pour l’art ne cesse de grandir. Vers la fin de 1904, Fortin poursuit ses études à l’école du Plateau, au Monument national sous la direction des peintres Ludger Larose et Edmond Dyonnet.

Son père désapprouve cet intérêt. Brusquement, à l’âge de seize ans, il quitte les bancs d’école pour le travail. Il en retire un salaire misérable. Durant l’été 1905, père et fils arrivent à un compromis. À dix-huit ans, Fortin obtient le diplôme de commerce tant souhaité par son père. Il quitte Montréal en 1907 pour rejoindre son frère à Edmonton.

En 1909, Fortin part aux États-Unis pour poursuivre son étude de la peinture. Il s’installe à Chicago et fait quelques séjours à New York. Son régime alimentaire déficient et la vie agitée de Chicago réveillent sa disposition héréditaire au diabète.

De retour au Québec en 1912, Fortin souhaite se consacrer entièrement à son art. Il va vite comprendre que « Hélas, au Canada, la poésie et l’art ne nourrissent pas leur homme ». Cependant, il continue à peindre pendant ses temps libres. Dans les années 1920, la démarche artistique de Fortin se confirme. Jusqu’alors, il était à la recherche de son propre style pictural. Avec l’apparition des premiers grands ormes, il vient de trouver son leitmotive, le grand thème de sa carrière.

À partir de 1922, Marc-Aurèle aura droit à sa pension ce qui, en réduisant au strict minimum ses dépenses essentielles, lui permettra enfin de peindre à tous les jours et d’assurer une continuité dans son travail. Vers cette même époque, apparaissent ses aquarelles lyriques aux arbres troués. En 1935, après un voyage en France, Fortin revient au pays marqué par une certaine influence Fauviste. En fait, les couleurs deviennent intenses et vibrantes.

Marc-Aurèle Fortin, fort de son esprit vagabond et innovateur, conçoit et essai différentes techniques. Il peint sur fond gris ou noir pour intensifier les contrastes, expérimente l’aquarelle rehaussée de crayon et de pastel à l’huile et, plus tard, il découvrira la caséine (détrempe de lait) d’où il tirera des effets saisissants d’une vigueur tonale éblouissante.

En 1940, Fortin entre à la Galerie l’Art Français. Habillé comme un clochard, il se présente comme peintre. Sous le regard étonné de madame et monsieur Lange, il promet de revenir avec quelques tableaux. Ce fut le début l’une longue collaboration entre l’artiste et la galerie. En fait, en 1942 il sera reconnu par l’Académie royale canadienne des arts. Le peintre est alors âgé de cinquante-quatre ans.

Au seuil de la soixantaine, la maladie l’accable. Ses jambes faiblissent et il doit se résigner à abandonner ses vagabondages. Désormais, la vie lui fera sentir le poids de sa solitude. C’est ainsi qu’à la fin septembre 1949, il se présente devant le curé de Sainte-Rose en compagnie de Gabrielle Goyette. Il veut être marié sur le champ.

En 1954, son diabète s’aggrave. Le 24 février 1955, Fortin doit subir l’amputation de la jambe droite. Malheureusement, les choses ne s’amélioreront pas pour l’artiste. Au cours des années qui suivront, il sera exproprié de sa résidence de Sainte-Rose, verra sa jambe gauche également amputé et, à la fin de sa vie, il souffrira de cécité. Marc-Aurèle Fortin meurt le 2 mars 1970 au sanatorium de Macamic en Abitibi.

Esther Trépanier, Galerie Klinkhoff

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André Pitre

Depuis qu’il a cessé de pratiquer l’architecture pour se consacrer à la peinture, l’art d’André Pitre évolue avec constance et cohérence. André Pitre s’impose comme l’un des talents les plus prometteurs de sa génération. Son art tend vers l’harmonie et le beau mais sous la somptuosité de la palette et de la composition s’exprime la préoccupation de l’artiste pour la condition humaine, les joies fragiles qu’on cherche à protéger et les angoisses sourdes qu’on tente de vaincre.

A l’intérieur d’espaces à la fois construits et abstraits vont et viennent des personnages, ils sont concrets ou évoqués, comme si l’artiste ne retenait sur la toile que la mémoire de leur présence. Chez Pitre rien n’est affirmé; tout est possible. En être réfléchi,  il ne se précipite jamais sur un sujet, il a la sagesse de le laisser émerger en lui.

Si l’on s’attarde à l’ensemble de la production picturale d’André Pitre depuis ses débuts en 1993, on se retrouve devant une vaste oeuvre conçue par séquences. Chaque composante illustre un état d’âme dans une suite de haltes qui marquent la vie. En constante transformation, ces périodes sont toujours solidement incarnées dans un espace de vie intense et fébrile où au-delà de l’apparent calme des personnages, se joue un drame intérieur soutenu. Ses personnages n’imposent jamais leur présence; ils se font discrets, se confondent avec les autres éléments. Leur présence est néanmoins décuplée du fait que l’on saisit avec davantage d’acuité leur complexité psychologique.André Pitre, artiste, personnages, galeire la corniche

Jean-Paul Riopelle

Jean-Paul Riopelle 

1923-2002

C’est dans un véritable microcosme de la classe ouvrière canadienne-française que naquît Jean-Paul Riopelle, le 7 octobre 1923, rue de Lorimier à Montréal.  Son père Léopold, menuisier, profite rapidement de la prospérité économique de Montréal et offre ainsi à sa famille tout le confort désiré. Son grand-père paternel quant à lui, était à la fois menuisier et croque-mort: la mort fait ainsi partie de la vie familiale dès la petite enfance du peintre.

En effet, son frère Paul, de 3 ans son cadet, décède prématurément. La perte de celui-ci le frappe de plein fouet.  Il a 7 ans, l’âge de raison, et le traumatisme de la mise en scène funèbre de la cérémonie s’ajoute au chagrin qui restera gravé en lui à jamais. Tout au long de sa vie, il entretiendra ce rapport intense, profond et complexe avec la mort qui s’exprimera à travers ses paroles, sa vie et surtout, dans son œuvre. On y relève la tentative de contrer la mort dans le rapport du blanc et du noir, l’obsession de la toile blanche qui sera toujours présente dans son œuvre.

C’est en 1936 que Riopelle entre à l’école publique et Monsieur Henri Bisson qui lui prodigue ses premiers cours de dessin. Une belle complicité se développe entre l’élève et le maître. Ensemble, ils passent des journées entières à peindre à l’extérieur. Le contact entre nature et peinture devient peu à peu indissociable, l’une renvoyant à l’autre. En 1943, il entre à l’École du Meuble pour échapper à la conscription. À cette époque, le corps professoral était déjà constitué d’artistes les plus modernes et avant-gardistes du temps; c’est là qu’il fait la connaissance de ceux qui deviendront ses acolytes dans l’art pour plusieurs années et notamment Paul-Émile Borduas, qui aura une influence déterminante sur lui.

La relation élève-maître n’a pas toujours été facile; Riopelle est rétif à toute autorité et tient beaucoup à la formation académique qu’il a reçu de son professeur  Henri Bisson. Lorsque la confiance est établie entre Borduas et lui, son évolution est rapide et fertile.  En plus de s’adonner régulièrement à l’écriture automatique, il  profite pleinement des exercices de libération intérieure prônée par Borduas.

Dans les lithographies présentées, le griffonnage noir, nerveux et libre instaure à l’avant-plan l’automatisme d’une écriture. Nous retrouvons ainsi l’équivalence picturale de l’écriture automatique. Cependant, même si Riopelle fait partie du groupe des Automatistes, il s’en distingue tout de même par un certain contrôle de son geste. Le tableau ne fonctionne pas selon l’association d’images libres comme dans les rêves, mais plutôt sur des images qui rétroagissent l’une envers l’autre.  Ce sont ses propres images qu’il s’approprie.

Peu de temps après la première exposition du groupe de Borduas en 1946, le peintre et sa jeune épouse Françoise Lespérance, partent pour Paris. Après avoir signé avec André Breton, le père du Surréalisme et son grand ami, le manifeste Rupture inaugurale rédigé par Henri Pastoureau, il a l’idée d’un manifeste local qui refléterait les préoccupations québécoises, d’où est né le Refus global. Riopelle est un homme engagé et défend le manifeste avec ferveur chaque fois que nécessaire.

Les années ‘50 marquent Riopelle par la découverte et l’intégration du All-over américain surtout connu dans les oeuvres de Jackson Pollock ; là encore, Jean-Paul Riopelle adapte la technique pour lui.  Le All-over prend une autre dimension et se transforme en All-attack, reprenant ainsi un terme militaire signifiant une attaque qui provient de tous les côtés. De ce bagage artistique ressort les grandes mosaïques qui émeuvent et portent à l’admiration nombre de spectateurs. À cette époque, Riopelle connaît déjà un succès international en exposant tant à Paris, à New York qu’à Montréal.  Son œuvre est reconnue mondialement et prisée par les collectionneurs. Il travaille avec acharnement et peut passer des jours et des nuits entières à peindre allant jusqu’à oublier de manger et de boire. Il émerge de ces séances, épuisé, mais repu.

Le peintre ne se contente pas d’être seulement peintre; il s’adonne également à la sculpture et plus tard à la gravure et au collage finissant même par travailler à la bombe aérosol. L’influence du travail de la matière sculptée fait tranquillement disparaître les grandes mosaïques. On remarque de plus en plus une « re-figuration » de la même manière que l’on dit « se remémorer »; c’est l’évocation de la nature si chère à Riopelle. La riche production de 1966 confirme ce passage.

En effet, c’est à ce moment qu’il entre à la galerie Maeght et découvre la gravure qu’il n’a qu’effleurer. Il a à sa disposition de nombreux ateliers où il explore la technique à sa guise. Au lieu de se plier aux contraintes du genre qui l’obligeraient à trop de répétitions, il traite chaque état comme une étape complète en elle-même, ce qui caractérise les premières suites que nous présentons, Feuilles, Album ’67 et Jute, ainsi que les eaux-fortes de 1967 comme la Poule Faisanne. Quelques autres  lithographies originales également : Grappes, Vétheuil, Affiche après la lettre, Suite Lachaudière, Sur l’étang…

Il veut défier la technique et il n’a pas peur de risquer l’échec; de toute manière, il récupère les rejets lithographiques pour en  faire des collages.

Dans les œuvres que nous présentons, on voit encore une fois apparaître l’idée du piège, de la toile d’araignée.  Le piège qui est piégé permet ainsi la liberté; la ligne n’est pas contrainte à la simple délimitation de la forme.

Au début des années ‘70, Riopelle renoue avec son Québec natal et s’installe à Sainte-Marguerite-du-lac-Masson.  Le retour aux sources, à la nature à son état pur, influence à nouveau le peintre dans son œuvre. Nous découvrons peu à peu les grandes envolées d’oies sauvages si intimement liées à la grandiose œuvre Hommage à Rosa Luxembourg de 1992.  Même dans la pure abstraction, Riopelle a toujours su faire référence à la nature sauvage. Peut être et probablement de façon inconsciente, ses thèmes demeurent toujours très canadiens. D’ailleurs, André Breton dira de son travail que c’est l’œuvre d’un trappeur supérieur, même si, pour le peintre, ce n’est pas la forêt canadienne qui a de l’importance, mais la feuille.

Jean-Paul Riopelle fût un artiste qui marqua considérablement l’histoire de l’art du Québec,  mais aussi de la scène internationale. Même si son œuvre est rebelle aux classifications, elle fût acceptée par la critique d’art et a obtenu une place de choix dans les livres d’art. Il laisse derrière lui une énorme production totalisant environ 5 000 œuvres. Sur vingt-cinq années, sa production de gravures compte plus de 400 pièces.

« Je suis un oiseau libre »  Riopelle.

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Chantale Jean

Chantale Jean

Peintre-sculpteure, Chantale Jean est née dans Charlevoix en 1958. Sa passion pour la nature et les animaux se traduit par des portraits intimistes chargés de poésie. Comme un metteur en scène, Jean dirige ses acteurs et leur donne même la réplique!

Ses oeuvres frôlent souvent l’abstrait. Chantale Jean nous fait découvrir des textures sensibles aux multiples combinaisons des lumières proposant à l’observateur différentes approches. Cette complicité entre le support, le geste et la couleur redéfinit le sujet et laisse libre cours à l’interprétation.

Créant ainsi des oeuvres aux surfaces désordonnées rappelant les textures rupestres, Chantale Jean travaille avec la couleur qui est indissociable de celui qu’elle exerce avec la matière.

En passant de la représentation d’une certaine réalité à une expression plastique semi-abstraite, Chantale Jean aspire à ce que l’observateur découvre de nouvelles lectures inspirées de l’intention première, l’entraînant dans un scénario imprévisible qu’il découvrira par lui-même, momentanément, et d’où, peut-être, émergera ce sentiment d’appartenance qui incite à protéger la faune et son environnement.

Les images de Chantale Jean racontent la force et la fragilité des différents mondes qui nous entourent. Chaque toile devient  »un poème silencieux’’ qui interpelle celui qui la regarde. Si le conte est silencieux, l’artiste, elle, ne l’est pas quand il s’agit d’exprimer son admiration pour la nature ou d’en prendre la défense.

Ainsi, le corpus pictural de Chantale Jean manifeste tout autant son engagement que son exaltation et prend ouvertement position contre ce monde prêt à tout dévaster au nom du profit.

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Peintre originaire de Charlevoix, Chantale Jean fascine notre imaginaire. On ne peut oublier la puissance de ses images qui nous invitent à partager son respect presque sacré pour la nature et plus particulièrement pour les animaux. La nature l’inspire, la fascine et elle l’exprime spontanément dans une grande gestuelle faite de couleurs riches et puissantes.

Dans la plus pure fantaisie, l’artiste un peu à la manière du fabuliste Lafontaine , fait tenir conseil aux animaux, les entraîne à une fête, les rassemble à un festin… Elle les représente dans toutes sortes d’attitudes, les interpellant de multiples façons. À ses yeux ils ressemblent étrangement à des humains dans Ieurs occupations, aussi prend-elle plaisir a Ies humaniser.

Chantale nous raconte toute la force et la fragilité des différents mondes qui nous entourent. Chaque toile devient ‘ »un poème silencieux » qui interpelle celui qui la regarde. Si le conte est silencieux, l’artiste, elle, ne l’est pas quand il s’agit d’exprimer son admiration pour la nature ou d’en prendre la défense. Les animaux lui apparaissent comme des êtres attachants en harmonie avec la nature, Ne seraient-ils pas une source d’inspiration pour nous aider à retrouver notre équilibre, notre place dans la nature se plaît-elle à nous dire ?

Son sens de l’humour demeure cependant présent, dans le plaisir qu’elle prend à mettre en scène ses ‘ »comédiens en herbe ». Tout est doucement étonnant chez Chantale Jean, sa personnalité est faite à la fois de contrastes et même parfois de contraires, ce qui donne une impression de plénitude et de force empreinte aussi d’incertitude et d’insaisissable.

Ses surfaces aux textures désordonnées, ses dessins conjuguant figuration et abstraction ne manquent pas de surprendre le spectateur l’‘amenant parfois à découvrir d’autres prétextes que ceux ayant inspiré l’artiste. La palette excentrique de ses couleurs ajoute à la qualité plastique de ses oeuvres et nous entraîne dans un scénario imprévisible qu’elle seule a su forger.

Par ses tableaux aux allures théâtrales composés de personnages bigarrés pas ‘’bêtes » et aux titres extravagants, Chantale Jean monte sa pièce et nous fait découvrir ‘ »son monde  » sans cesse réinventé.

André Pitre

André Pitre

André Pitre est natif de la  Gaspésie. Il est né en 1965. Pitre s’installe à Montréal en 1984 pour terminer ses études universitaires. André Pitre est architecte de profession avant de se consacrer totalement à l’art.

Ses peintures ont une fraîcheur peu commune dans l’art du portrait. Les émotions sont au premier plan, les couleurs en second et la texture au tiers. C’est-à-dire que le sujet prime sur la composition ou les choix picturaux, malgré qu’André Pitre ne néglige nullement ces paramètres. On peut sentir  les glacis et les mats s’entrechoquer.

André Pitre est né en Gaspésie en 1965. Il s’installe à Montréal en 1984 pour terminer des études universitaires. Il exerce la profession d’architecte avant de se consacrer exclusivement à la peinture. Ses œuvres font partie d’importantes collections publiques et particulières au Canada et à l’étranger.

André Pitre vit et travaille à Montréal.

ÉTUDES

Baccalauréat en architecture, Université de Montréal, 1988
Certificat en sculpture, Université du Québec à Montréal, 1991
Mineure en arts, Université de Montréal, 1993

 SOLOS

Habiter la mer, Musée de Chafaud, Percé, 2013
Vent de l’ouest, Galerie Clarence Gagnon, Montréal, 2011
De passage, Galerie Clarence Gagnon, Montréal, 2009
Intérieur, Galerie d’art Vincent, Ottawa, 2008
Rencontre, Galerie Clarence Gagnon, Montréal, 2005
Lieux communs, Galerie Clarence Gagnon, Montréal, 2003
Antichambre, Galerie Clarence Gagnon, Montréal, 2003
De mémoire d’homme, Galerie d’art Vincent, Ottawa, 1999
Froissements, Galerie Clarence Gagnon, Montréal, 1998
Galerie Clarence Gagnon, Montréal, 1996
Galerie d’art Bougainville, Montréal, 1996
Transfiguration, Maison de la culture Notre-Dame-de-Grâce,
Montréal, 1995

COLLECTIONS PUBLIQUES ET PARTICULIÈRES

Loto-Québec, Montréal
Caisses populaires Desjardins, Montréal
KPMG, Montéal
Le repos Saint-François d’Assise, mausolées, Montréal
Cimetière Notre-Dame-des-Neiges, Montréal

REPRÉSENTATION

Galerie Clarence Gagnon, Montréal
Galerie Clarence Gagnon, Baie-Saint-Paul
Galerie La Corniche, Chicoutimi
Galerie d’art Vincent, Château Laurier, Ottawa
Roberts Gallery, Toronto

LIVRES D’ART 

André Pitre, poèmes de Marcel Dubé, Édition Art Global, 2005.
La peinture au Québec depuis les années 1960, Robert Bernier,
Montréal, Les Éditions de l’Homme, 2002

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René Richard

René Richard

René Richard est d’origine Suisse. Richard arrive au Canada en 1909 où il apprend ses premières leçons de peinture. En 1927, il part en France pour perfectionner son art. De retour au Canada, René Richard vit de la chasse comme trappeur. Lors de ses excursions, René Richard dessine toujours. En 1942, il s’installe à Baie-Saint-Paul. Richard se fait connaître et expose à Québec et à Montréal. René Richard est un peintre qui captait le moment présent. En, 1981, le maître s’éteint à l’âge de 86 ans. Il fait don de ses oeuvres à l’Université Laval.

René Richard est né à Chaux-de-Fonds, en Suisse, le 1er décembre 1895.

Il arrive au Canada avec sa famille en 1909. Ils habitent à Montréal deux ans avant de s’établir à Cold Lake en Alberta, où son père ouvre un magasin général et poste de traite. Richard devient trappeur, chasseur et coureur des bois. Vivant littéralement de la forêt, il se lance dans l’écriture et la peinture de ses expériences.

En 1927, il part étudier à Paris où il rencontre Clarence Gagnon et les deux artistes deviennent de grands amis. Il suit des cours de peinture à l’Académie de la Grande Chaumière et à l’Académie Colarossi, à Paris, de 1927 à 1930. Clarence Gagnon l’encourage à se consacrer entièrement à son art. En 1930 il quitte la France pour revenir en Alberta et poursuivre sa vie de trappeur. Il rapporte de ses randonnées des centaines de dessins qu’il a faits sur du papier à emballage.

Entre 1938 à 1942, René Richard visite l’Île d’Orléans et la Gaspésie, il fait le tour de Charlevoix, et il parcourt la Mauricie et l’Abitibi. En 1942, il épouse Blanche Cimon et s’installe à Baie St-Paul, dont les paysages lui rappellent ceux de la Suisse et de certaines parties du Grand Nord Canadien. Il y peint de nombreux paysages et expose régulièrement à Québec et à Montréal. En 1952, il retourne en expédition dans le Grand Nord. Il passe les trente prochaines années de sa vie à Baie St-Paul.

En 1973, il reçoit l’Ordre du Canada, et en 1980 il devient membre de l’Académie Royale des Arts du Canada. Des rétrospectives lui sont consacrées en 1967 et en 1978 par le Musée national des beaux-arts du Québec. En 1982, une de ses toiles est reproduite sur un timbre-poste pour la Fête du Canada.

Il meurt à Baie St-Paul à l’âge de 86 ans.

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Vézina, Andrée

Andrée Vézina

Peintre autodidacte, Andrée Vézina est née à Montréal en 1952. Elle vit et travaille à  Québec.

Andrée Vézina a terminé un baccalauréat en sociologie à Laval, tout en poursuivant parallèlement des cours de dessin dans les cégeps, musées et ateliers divers. Ses études terminées, elle intensifie ses recherches personnelles en art.

Explorer l’univers d’Andrée Vézina, c’est une belle échappée au rythme des saisons. C’est aussi participer à la danse des formes. C’est se délecter l’œil de l’équilibre des masses, aller à la rencontre des couleurs vibrantes et énergiques de ses personnages imposants, de ses musiciens, ses paysans et ses femmes d’ici et d’ailleurs. Et que dire des bouquets de fleurs à la facture relevée et étonnante.

Ses principales expositions solo ont eu lieu chez Pratt & Whitney de Longueuil (1986), à la galerie La Corniche de Chicoutimi (1987), à l’Alliance française d’Ottawa (1988) et à la Galerie Pierre Bernard de Montréal (1989). Elle a aussi participé aux expositions Les femmes peintres du Québec, au Musée Marc-Aurèle Fortin (1989) et les femmeuses.

Andrée Vézina a remporté les 2ième et 3ième prix de la Société canadienne d’aquarelle en 1984 et 1985. Elle a également été nommée artiste de l’année chez Pratt & Whitney, en 1986.

Andrée Vézina présente ses œuvres à la galerie d’art La Corniche depuis 1981.

Andrée Vézina fait partie du paysage des arts visuels québécois depuis plus d’une trentaine d’années. Elle travaille essentiellement par thème abordant des thématiques plus ou moins longues qui reviennent au fil de sa production.
Ses thèmes, liés aux saisons, vont et viennent en alternance. L’hiver, sa palette s’assombrit. Ceci s’explique par la luminosité ambiante et par l’intériorité inhérente à  cette saison. Apparaissent alors les musiciens, les danseurs de tango, les scènes théâtrales. Au printemps, la couleur revient. Les jaunes, les verts acides, les roses éclatent et livrent bataille à  des bleus glacés. Les thèmes du voyage reviennent alors. L’artiste exploite les lumières des pays plus ensoleillés, c’est le moment des tableaux portant sur les femmes d’Afrique, les pirogues vietnamiennes, le travail au champ ou dans les rizières.
L’été, la palette n’en finit plus de se réchauffer, elle juxtapose les rose, jaune, rouge, orangé et violet. Les couleurs et les tonalités deviennent plus vives, exacerbées. Avec elles, l’on retrouve les fleurs, les marchés de fleurs, les musiciens de rue. La fête quoi!
L’automne, le calme revient, les harmonies s’assourdissent. La saison qui commence avec l’abondance des marchés d’été puis d’automne se terminent par des natures mortes de fleurs fanées, séchées, de fruits de fin d’été glanés dans les marchés à travers champs et jardins oubliés. Les bruns, les ocres et les noirs sont maintenant dominants et appellent bientôt le retour des musiciens.
L’approche plastique de Vézina se caractérise notamment par les généreuses textures créées par l’emploi d’une matière abondante qui permet à l’artiste de morceler littéralement la pâte. Cette dimension confère un aspect très tactile à son travail, alors qu’elle inscrit sur la toile des motifs irréguliers qui parcourent l’ensemble de la surface. Le sujet semble émerger d’un magma qui donne naissance à une fusion entre la matière et la forme.
Ref. Robert Bernier in La peinture au Québec depuis les années 1960 Éditions de l’homme, pp. 327-328

 

Guide Vallée III.

Rousseau, Albert

Albert Rousseau

1909 -1982

Né à Saint-Étienne-de-Lauzon, Albert Rousseau est le fils d’Omer Rousseau et d’Alice Roy. Il était l’aîné d’une famille de six garçons. Artiste-peintre de réputation internationale, il a exposé au Canada, aux États-Unis, et en Europe. Il est le descendant d’un certain Jacques Rousseau, qui a quitté l’île de Ré pour la Nouvelle-France en 1665.

Il s’inscrit en 1925 à l’École des beaux-arts de Québec à l’âge de 16 ans. Son séjour à cette École (où étudia aussi juste avant lui Alfred Pellan – « Pellan ») dura six ans et il y récolta plusieurs prix et médailles. À sa sortie de l’École, l’objectif de Rousseau est de consacrer son énergie à peindre son pays et sa Nature. Il peindra les grands paysages de Charlevoix avec son ami Marc-Aurèle Fortin mais aussi avec d’autres peintres québécois, qui deviendront très connus tels René Richard. En 1939, il expose un tableau intitulé Le Havre au Salon du Printemps de la Galerie des arts de Montréal.

Albert Rousseau fréquentera souvent ce Salon au cours des années subséquentes et il y gagnera un premier prix en 1948, la même année que Pellan. Rousseau est un artiste qui cultive constamment son art, expérimentant et variant les textures, les matériaux et les techniques. Son talent pour rendre la lumière et les couleurs est reconnu et apprécié des experts, mais aussi du grand public. Il construit son propre atelier de peinture à Saint-Étienne de Lauzon, à côté de sa maison (aussi construite par lui) vers 1956. Il voyage vers les Provinces maritimes, d’où il rapporte des « marines » superbes, puis vers l’ouest canadien où il peint d’extraordinaires totems qui révèlent son intérêt pour la mythologie amérindienne. Il produit tableaux, aquarelles et terres cuites.

En 1960, Rousseau, avec un tableau intitulé « Maison Chevalier », se mérite le premier prix du concours de la Galerie nationale du Canada sur les « Scènes d’hiver ». Le 23 août 1964 Rousseau inaugure sa première Exposition Champêtre à son atelier de Saint-Étienne. En 1965, Rousseau abandonne son travail dans l’hôtellerie (qui lui permettait de « faire vivre son art » comme il disait) pour se consacrer exclusivement à la peinture. Il a 57 ans. Il anime toujours son atelier libre, qui compte une quarantaine de membres dès 1968. Rousseau peint, paysages, natures mortes, nus, marines avec une énergie intarissable.

La brillante carrière de Rousseau se poursuit et son art ne cesse d’évoluer. Il multiplie les voyages, sans pour autant cesser de peindre son pays, ses hivers et ses automnes aux couleurs vives. À partir de 1975, il diminue un peu le rythme de ses voyages à l’étranger mais aucunement celui de sa peinture. Il cotoie toujours son grand ami, René Richard. Il peindra sans relâche des œuvres lumineuses, empreintes de joie et de couleurs, jusqu’à sa mort subite en 1982, à l’âge de 73 ans. Son dernier tableau illustre d’une manière très colorée le cycle de la vie en y représentant une femme enceinte protégée par un personnage mystérieux et une jeune mère tenant un bébé dans ses bras.

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Masson, Henri

Henri Masson

Originaire de Belgique, Henri Masson vint s’établir dans notre pays avec sa mère qui était veuve. C’était en 1921. Il avait alors 14 ans, et il était enfant unique.

En 1929, il épousa celle qui fut pour lui le grand amour de sa vie, sa meilleure amie, Germaine St-Denis, une francophone d’Ottawa. De cette union sont nés trois enfants: Armande, Carl et Jacques.

En 1945, alors âgé de 38 ans, il abandonna son métier de graveur pour se consacrer totalement à la peinture. Fidèle à lui-même, il voulait, sans prétention aucune, traduire sur toile les gens et les lieux de notre belle réalité canadienne.

Comme peintre professionnel, exerçant son art à temps plein, il a été un pionnier de son époque. Très peu d’artistes osaient, en effet, s’aventurer ainsi, dans leur quotidien, sur la voie précaire de l’expression plastique. Henri Masson était donc homme de courage.

Il était également un homme aux convictions profondes parce qu’animé d’une spiritualité intense et vivante. Il disait encore tout récemment :

 »Quand je passe une journée dans la nature à la contempler, à l’observer, pour l’exprimer sur toile, je me sens rempli d’une présence. Et je découvre le sens de la prière. »

Il nous a quittés le 9 février 1996

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Henri Masson est né le 10 janvier 1907 à Spy, un petit bourg près de Namur en Belgique. À l’âge de 13 ans, Il étudie à l’Athénée Royale de Bruxelles. Dès lors, tous ses moments de loisirs sont consacrés au dessin et à la peinture. Suite au décès de son père en 1921, il émigre à Ottawa en compagnie de sa mère. En 1923, il travaille dans un atelier de graveur et suit des cours à l’Ottawa Art Association et à l’Ottawa Art Club.

Il continue d’exercer son métier de graveur qui assure une sécurité à sa famille et qu’il ne quittera qu’en 1945. Il dit à ce propos: “J’avais trois enfants et je n’étais pas du genre bohème”. Masson travaille à l’atelier de gravure le jour, peint le soir et toutes les fins de semaine.

Il participe pour la première fois à une exposition de groupe en 1933 et y présente des aquarelles, des pastels et des dessins. Ce n’est qu’en 1936 qu’il expose ses premières huiles à l’Ontario Society of Artists à Toronto.

La maison des Masson est une ruche bourdonnante et les amis de la famille s’y rencontrent une fois par semaine pour  discuter musique, peinture, société et politique. Cultivé, Masson anime les soirées.

Le franc-parler qui le caractérise lui feront soulever des débats animés à l’occasion mais il garde son indépendance d’esprit  et reste constant dans son oeuvre.

En 1937, à la naissance d’un premier fils, Carl, Henri Masson expose au Caveau. Sa première exposition solo sera tenue au Picture Loan Society à Toronto en 1938, suivie en 1939 d’un autre solo au Caveau. Il expose également avec le Canadian Group of Painters à New York et à Montréal.

En 1941, Masson commence à exposer à la galerie l’Art Français (aujourd’hui Galerie Valentin), est élu membre du Canadian Group of Painters et entre à la Canadian Society of Painters in Watercolour ainsi qu’à la Société des Arts Graphiques.

En 1944, avec H. O. McCurry, A. Y. Jackson et Arthur Lismer, Masson est juge au concours des artistes de guerre, au Musée des beaux-arts du Canada. Il participe à l’exposition de la Yale University Art Gallery à New Haven et à l’exposition du Musée des Beau-Arts de Rio de Janeiro, au Brésil. Un documentaire de l’Office National du Film mentionne l’artiste et son oeuvre cette même année. En 1945, il est élu à la présidence de la Conference of Canadian Artists à Ottawa.

En 1951, Henri Masson enseigne à l’Université Queens et en 1952, il retourne en Europe pour la première fois et revoit Spy, son lieu de naissance.

L’été 1954, il enseigne à la Banff School of Fine Arts. En 1955, il reçoit un doctorat honorifique de l’Assumption College de Windsor, en Ontario. La même année, avec le peintre A. Y. Jackson, Masson enseigne au Festival d’été de Kingsmere. Un tableau de l’artiste « Logs on the Gatineau River » orne la page de couverture du Canadian Geographical Journal.

En 1957, Masson retourne en Europe et séjourne en Italie, en France et en Belgique.

De 1960 à 1963, Henri Masson donne des cours d’été à la Doon School of Fine Arts. Il illustre, pour le magazine Fortune, un article sur la Révolution Tranquille du Québec, « Quebec in Revolt ».

1973, Masson voyage en Union Soviétique. Il participe en 1975 à une entrevue d’une heure radiodiffusée par Radio-Canada.

En 1976, il voyage en Orient: Japon, Taiwan, Malaisie, Thailande et Hong Kong.

En 1979, la municipalité de Sainte-Catherine d’Alexandrie donne à une rue le nom d’Henri Masson.

En 1980, Masson participe à l’émission Rencontres à la Télévision de Radio-Canada et, dans le cadre de la série d’émissions L’Atelier, il a une entrevue d’une heure avec Naim Kattan à la chaîne FM de Radio-Canada.

Henri Masson est élu membre :

du Groupe des peintres canadiens
de la Société Canadienne des Peintres et Aquarellistes
de la Société Canadienne des Arts Graphiques
de la Société des Artistes canadiens

SUJETS/THÈMES

Masson est d’abord un paysagiste. Il peint la nature, les arbres, les petits villages, la mer, les barques, les phares et les bateaux.

Les oeuvres de Masson montrent un intérêt pour les vieilles maisons et les rues de la ville. Il peint les quartiers populaires. Il porte un intérêt particulier au patrimoine canadien-français. Bien qu’il ait peint des paysages européens, Masson est un peintre du Canada, les paysages représentés sont ceux de la région d’Ottawa, de Gatineau et surtout de la province du Québec: Gaspé, Charlevoix (surtout la Baie St-Paul), les Cantons de l’Est et les Laurentides.

Le peintre peint en plein air. En 1940, Marius Barbeau, critique d’art, note que l’artiste s’intéresse au côté humain du pays qu’il explore, choisissant de préférence les sujets où les gens sont au travail ou s’adonnant au jeu. Il qualifie Masson à la fois de chroniqueur et de paysagiste.

MÉDIUM/TECHNIQUE

Dans les années 1940, le Montreal Standard vante le réalisme de Masson, la vivacité de son coloris et ses dons de satiriste. Le critique P. Gélinas, dans Le Jour, félicite Masson de n’avoir pas suivi la mode et d’avoir abordé une voie personnelle au lieu de chercher un moyen terme entre le cubisme et le surréalisme. Il note que le peintre a le sens de l’éclairage, la perception du drame de la terre d’automne, de la tragédie du vent et du mystère indéfinissable de la lumière. Masson passe aux yeux des critiques en 1958 pour l’un des meilleurs aquarellistes du pays. Il donne à tout ce qu’il touche un accent vigoureux et dynamique. Sa peinture, souvent gaie, est riche en observations.

Que ce soit dans ses dessins, ses aquarelles ou ses huiles, Masson porte une attention aigüe au détail. Les tableaux se tiennent malgré les hardiesses de coloris parfois un peu déconcertantes. Il poursuit dans la peinture ses recherches sur la lumière.

Marcel Parizeau, dans un article intitulé “La peinture Canadienne d’aujourd’hui” paru dans l’Amérique française, tome II, perçoit chez Masson une influence américaine sur le coloris, la matière, la “patte” et la façon d’aborder le sujet.

En 1943, l’artiste atteint une maturité dans son travail. Il attire l’attention duspectateur sur le coloris et le mouvement de certains tableaux. Il utilise la couleur de façon éclatante et avec un plaisir évident. Toutefois son art n’en reste pas moins subtil. La composition peu commune de chacune des toiles met en évidence la touche du peintre, souvent jugée excellente dans son ensemble.

Masson explique ainsi l’évolution de sa peinture: « Mon activité croissante faisait que ma peinture changeait et qu’elle évoluait avec les années qui s’envolaient. Ça se faisait tout doucement, presque imperceptiblement. Quand je peignais en 1945, 1946, 1947, j’utilisais des couleurs un peu plus sombres. Mon art était un peu plus graphique et ma peinture était un peu plus austère. Je peignais des sujets qui me permettaient d’étaler ma perception, ma vision personnelle des choses ».

EXPOSITIONS 

1996: « Hommage à Henri Masson », Galerie Jean-Pierre Valentin, Montréal
1996: Galerie Montcalm de la maison du citoyen, ville de Hull
1992: « A legend in his own time », GalerieDiana Paul, Calgary
1991: Retrospective, University Club d’Ottawa. Masson est élu Membre Honoraire.
1990: Huiles, Galerie Vincent, Ottawa
1989: Retrospective, Club Garrison, Québec. Masson est élu Membre Honoraire
1986: Peintures, Galerie Kinsman-Robinson, Toronto

1986: Pastels, Galerie Vincent, Ottawa

1985: Galerie Kinsman-Robinson, Toronto

1984: Galerie Mihalis, Montréal
1982: Masters gallery, Calgary
1981: Solo, Rétrospective, Galerie Kinsman-Robinson, Toronto
1980: Solo, Galerie Klinkhoff, Montréal
1978: « L’art du paysage au Québec, 1800-1940 », exposition itinérante à travers les provinces de l’Ouest et celles de l’Atlantique, Musée du  Québec
1978: Solo, Downstairs Gallery, Edmonton
1976: Solo, Galerie Klinkhoff, Montréal
1976: Solo, Art Emporium, Vancouver
1974: Solo, Galerie Klinkhoff
1974: Solo, Art Emporium, Vancouver
1971: Solo, Galerie Wallacks, Ottawa

1970: Exposition d’Osaka, pavillon du Québec
1970: Musée Bezalel, Jérusalem
1970: Hirshorn Museum, Washington, D. C.
1967: Solo, Galerie Art Lenders, Montréal

1967: Solo, Galerie Wallacks, Ottawa
1964: Solo, Galerie Klinkhoff, Montréal
1963: « Les maîtres de la peinture et de la sculpture canadiennes ». Canadian Group of Painters, Galerie Nationale Musée d’Art de London, Ontario

1962: Canadian Group of Painters, Ontario Art Gallery, Toronto
1961: Solo, Galerie L’Art Français, Montréal
1959: Solo, Laing Gallery, Toronto
1958: Solo, Waddington Gallery, Montréal
1957: Solo, Roberts Gallery, Toronto
1955: Solo, Ontario Art Gallery, Toronto
1955: Exposition, Musée d’Art de Winnipeg
1954: Solo, Roberts Gallery, Toronto

1954: Solo, Galerie L’Art Français, Montréal
1954: Foyer de l’Art et du Livre, Ottawa
1954: Galerie XII, Musée des Beaux-Arts, Montréal
1953: Little Gallery, Ottawa
1953: Présentation d’art moderne du plan de Colombo, New-Delhi
1953: Exposition du couronnement d’Elisabeth II, Musée des beaux-arts du Canada, Ottawa
1951: Biennale de Sao Paolo, Brésil
1950: Canadian Group of painters, Toronto Art Gallery

1950: Exposition avec Harold Town, London Art Museum

1949: Exposition pour Boston, États-Unis, Musée des beaux-arts du Canada

1948: Avec 5 autres artistes canadiens( G. Roberts, Cosgrove, D. Milne, E. Carr et F. Brandtner), Norwood Gallery, West Palm Beach, Floride

1947: Little Gallery, Ottawa
1945: Solo, Eaton’s College Gallery, Toronto
1945: Solo, Little Gallery, Ottawa
1945: Exposition de groupe, Musée des beaux-arts, Ottawa
1944: Exposition de groupe, Yale University Art Gallery, New Haven
1944: Solo, Galerie L’Art Français, Montréal
1944: Solo, Little Gallery, Ottawa
1944: Exposition de groupe, Musée des Beaux-Arts, Rio de Janeiro, Brésil
1943: Solo, L’Art Français, Montréal
1942: L’Unesco, Paris
1942: International Water Colour Society, Brooklyn
1942: Solo, Contempo Studio, Ottawa
1942: Galerie Addison, Massachussets
1941: 1er Solo, Galerie L’Art Français, Montréal
1941: Picture Loan Society, Toronto
1939: Exposition Mondiale de New York
1939: Solo, Le Caveau, Ottawa
1939: Canadian Group of Painters, Toronto
1939:57ème Salon du Printemps, Galerie des Arts, Montréal
1938: 1er Solo, Picture Loan Society, Toronto
1937: Le Caveau, Ottawa
1936: Exposition des premières huiles, Ontario Society of Artists, Toronto
1933: Aquarelles, pastels et dessins, Première exposition de groupe, Ottawa

BIBLIOGRAPHIE

Depuis 1938, Henri Masson fait l’objet de plusieurs articles dans les journaux et revues canadiennes et américaines. Il est également le sujet de différentes publications d’historiens de l’art, dont:

Marcel Gingras, Henri Masson, Signatures, Éditions Marcel broquet, 1981
C. Bouchard, Henri Masson, La vision d’un peintre, 1979
H. de Jouvancourt, Biographie, les Éditions La Frégate, 1975
Article dans le Time de New York, 1950
Documentaire de l’Office National du Film, 1944
Article dans le Geographical Magazine, Londres, 1943

COLLECTIONS

Musée des Beaux-arts du Canada
Musée de la province de Québec
Musée Lord Beaverbrook
Art Gallery, Ontario
Art Gallery, Hamilton
Art Gallery, Windsor
London Public Library and Art Museum
Art Gallery, Saskatoon
Art Gallery, Edmonton
Art Gallery, Vancouver
Art Gallery of Greater Victoria
Mendel Collection, Saskatoon
Université Concordia, Montréal
Université d’Ottawa
Hart House, Toronto
University College, Toronto
Université de Montréal
Memorial University of Newfoundland
McMaster’s University, Hamilton
Agnes Etherington Art Centre, Kingston
Norman Mackenzie Art Gallery, Regina
Musée de Joliette, Québec
Firestone art Collection, Ottawa
Galerie Nationale du Vénézuela, Caracas
Musée Vinadelmar, Chili
Musée Bezalel, Jérusalem
Hirshhorn Museum, Smithsonian Institute, Washington
Mayhar Corp.
Le Club St-Denis
Corby’s Distillery
Canadian International Paper
Mount-Royal Club of Montreal
Morgan Trust Co.
Mamcor Inc.
The Mercantile Bank of Canada
Meagher’s Distillery Ltd.
Hiram Walker
Reader’s Digest
Can West Capital Corp.
Steinberg Ltd.
Northern Telecom
Les propriétés Léopold Inc.
Jessiman & Co.
The Investors Group of Winnipeg
IAC Ltd.
General bearing Service Ltd.
Imperial Oil Ltd.
ainsi que de nombreuses autres collections privées et corporatives

English version
Henri Leopold Masson, Canadian, (OSA, CGP, GSPWC)was born in Namur, Belgium in 1907. He came to Canada with his family in 1921 and settled in Ottawa. He was employed as a silver engraver for several years as a young man and became a master engraver at the age of 25. Visiting the National Gallery of Canada around this time he discovered the work of the Group of Seven. Inspired by their style and use of colour he was inspired to try painting himself. He studied for a time at the Ottawa Art Association, but was mainly self taught. Two years later, in 1934, he was already emerging as a painter of importance. By 1945 he could devote most of his time to painting and exhibited extensively with good success. He painted genre scenes in the Hull area and landscape in the Gatineau Valley. He also painted on trips to Europe and the United States. He exhibited at the Robertson Galleries and Wallack Galleries in the 1960 and 70’s. A significant collection of his work is housed in the National Gallery of Canada. He died in 1996.

Cosgrove, Stanley M.

Stanley M. Cosgrove

1911-2002

En 1929, Stanley Morel Cosgrove (Montréal 1911 – Montréal 2002) entre à l’École des Beaux-arts de Montréal où il apprend la peinture directement du directeur, Charles Maillard. Il devient ensuite l’élève du renommé artiste Edwin Holgate qui lui enseigne le dessin. Il séjourne ensuite 6 mois en Gaspésie où il découvre l’horizon marin.

En 1937, Cosgrove vend ses premiers tableaux à Montréal et passe l’été à peindre en Charlevoix. L’année suivante, il assiste Holgate dans la réalisation d’une frise murale pour le pavillon du Canada à l’exposition de 1939 de New-York. Sa première exposition solo aura lieu à Québec en 1939.

Stanley Cosgrove obtient une bourse pour étudier en France mais à cause de la guerre il choisira plutôt de partir au Mexique. Il déménage à Cuernavaca en 1941 et voyage à travers le pays pour visiter les sites pré-cortésiens et les églises de style colonial. Il retourne vivre à Mexico où il devient l’assistant d’Orozco pour réaliser une fresque dont il apprend la technique. De retour à Montréal en novembre 1942 pour enseigner la composition décorative et, un peu plus tard, la fresque aux Beaux-arts, il prépare une exposition solo et en 1947 devient membre du Groupe des Peintres Canadiens. En 1951, Cosgrove est nommé Membre Associé de l’Académie Royale des Arts du Canada. Il obtient une bourse du gouvernement fédéral et part pour la France.

Tout au long de sa carrière, Stanley Cosgrove enseigne à l’École des beaux-arts et expose nombre de ses oeuvres dans d’importantes collections publiques canadiennes. Son oeuvre est majoritairement centrée sur la figure humaine, la nature morte et le paysage canadien, thèmes auxquels il donne une touche très personnelle.

En 1973, il est nommé membre titulaire de l’Académie Royale des Arts du CanadaStanley M Cosgrove, artiste,nue, peintre, galerie la corniche

Hommage à Stanley Cosgrove (1911-2002) – Une oeuvre à dégager

Le peintre Stanley Cosgrove est décédé dimanche à Montréal, à l’âge de 91 ans. Depuis, ils furent nombreux en s’en émouvoir et à rendre hommage à cette figure importante de l’art canadien du XXe siècle. À notre demande, la seconde fille de Cosgrove égrène ici quelques souvenirs.Dans quelle mesure la singularité de Stanley Cosgrove a-t-elle servi ou desservi sa carrière, servi ou desservi sa vie d’artiste? S’agissant de l’artiste Cosgrove que j’ai connu, je voudrais m’attarder au second volet de cette question.À l’encontre de la vision d’un Cosgrove solitaire, je rappelle d’abord qu’il ne faudrait pas confondre solitude de l’artiste, sur le plan personnel, et singularité de l’oeuvre peinte sur le marché de l’art. Ainsi, Cosgrove, peintre à l’esprit aussi bien québécois que canadien, avait bel et bien une cote, même si l’artiste avait choisi d’oeuvrer en retrait de la scène culturelle.Très concrètement, celui-ci prenait la forme d’un séjour annuel de trois mois dans un chalet sans électricité ni eau courante, ni horloges ni montres, près de La Tuque, mais aussi, plus généralement, du havre paisible et sensuel qu’était pour lui la maison blanche, dans le parc, à Hudson.

Il prenait aussi la forme d’une certaine attitude, faite d’orgueil, de méditation, de sensualité, d’acuité du regard. On sentait bien chez lui une émotion intense, mais celle-ci n’entraînait jamais une totale adhésion. Esprit stoïque, il ne cherchait pas à exercer une influence au-delà du cercle de ses relations immédiates et familiales, celles précisément qui servaient de cadre à ses activités quotidiennes, c’est-à-dire au travail d’atelier.

Du coup, Cosgrove avait développé une capacité à se protéger contre toute relation pouvant le distraire de l’espace-vie qu’il s’était créé et, en fin de compte, de l’espace, tout aussi vital pour lui, de la toile. Cet espace encadré était aussi encadrant.

Cependant, Cosgrove fut aussi le peintre de l’engagement pictural. En quoi? D’abord par la problématique de l’insertion qu’il a mise en actes. En 1945, l’unique voyage en France avec l’artiste montréalais Edwin Holgate n’ayant pas eu de réelles conséquences, Cosgrove s’est détourné, dans une certaine mesure, de sa nature de peintre canadien et a signé l’insertion du Québec en Amérique en se plaçant sous le mentorat, de 1939 à 1945, du peintre et muraliste mexicain Clemente Orozco.

Une indépendance aussi farouche invite à la réflexion. Elle rappelle la nécessité, pour l’artiste, de protéger sa sensibilité extrême contre les attentes de sa famille d’origine. Et aussi d’emprunter un parcours professionnel ancré dans la solitude.

Cependant, l’irascible Orozco l’avait choisi comme assistant. Cosgrove explique ainsi ce choix: «J’ai pu saisir comment m’y prendre pour travailler avec lui sans le déranger, comment m’y prendre pour devenir une de ses mains.»

Pour tout dire, le peintre Orozco n’avait plus qu’une main. Laquelle, je ne peux le dire au juste, mais j’ai le souvenir d’une photo qui le montre examinant, sur un pupitre, un dessin de papa. Comment Orozco avait-il perdu cette main ou ce bras? Quelle lacune venait combler Stanley Cosgrove en devenant l’intermédiaire actif entre l’artiste mexicain, concepteur de l’oeuvre à réaliser, et le fond blanc de la future fresque? Je ne peux répondre à ces questions que je n’ai d’ailleurs jamais formulées du vivant de mon père. Vers la fin de sa vie, j’ai tout de même eu celle-ci: «Papa, voudrais-tu me montrer — c’est-à-dire qu’on aille ensemble et que tu me montres de ta main la maison de Saint-Henri où tu as grandi?» Un signe de la tête: «Oui.» Les yeux sont baissés: abattement? peur? détente? tristesse appréhendée du petit garçon qui reverra la maison de sa mère souffrante? Nous n’avons pas eu le temps de faire cette promenade…

À la fin, il me demandait de lire et relire la lettre manuscrite d’un certain collectionneur, comme s’il n’arrivait pas à croire qu’il avait réussi à rejoindre ses interlocuteurs humains, ceux-ci incarnant une sorte d’instance paternelle, une patrie, en empruntant jour après jour les voies de communication qu’il inscrivait, lui, de sa main, sur la toile. Qu’avait-il réparé au juste avec Orosco? Qui aurait pu le dire, même de son vivant? Il nous laissait périodiquement, marchant droit devant sa solitude, les espaces environnants, certains objets précis auxquels son art restaurait une dignité. L’esprit hardi, les sens aiguisés, le regard assuré, il s’appropriait les petits et les grands espaces du Nouveau Monde.

C’est ainsi qu’il a su, par ailleurs, assumer dans toute sa singularité la rencontre déterminante pour le cours de son existence, puisqu’elle provoqua sa naissance, entre une Québécoise de Saint-Henri, pleine d’entrain mais alitée des suites d’une maladie de jeunesse, et un ouvrier tourmenté de l’usine Redpath, né d’immigrés irlandais, John Malachy Cosgrove, dont le patronyme signifie «bosquet paisible» en langue celte. En écrivant ce nom, me revient aussitôt en mémoire celui, québéco-irlandais, de François O’Neil, qui servit de guide au peintre lors de ces chères parties de pêche sur l’île d’Anticosti. Irlandais du Nouveau Monde…

D’autres firent abstraction du réel pour laisser parler la peinture. La main de Stanley Cosgrove fit abstraction des origines sociales pour laisser parler l’Art en tant qu’interlocuteur et objet-matrice.

Ceux qui vivaient avec lui l’ont souvent vu attirer l’attention sur telle beauté éphémère, objet ou paysage, ses couleurs surtout, au détriment de tout autre élément humain, susceptible de perturber ce rapport. Comme malgré nous, on en venait donc, au cours de ces promenades, à vouloir rebrousser chemin pour retrouver le lieu où la parole avait été escamotée.

Je songe à lui, devant une classe de jeunes élèves: «Posez vos têtes sur vos pupitres. Maintenant, écoutez les bruits qui entrent par la fenêtre.» D’instinct, mon père savait qu’il faut écouter ce qui est hors de soi quitte à ouvrir, pour ce faire, et tout en le réduisant, l’espace de l’écoute au cadre de la toile, au chemin où se posent les pieds pour mieux voir les couleurs du framboisier, au pupitre où poser la tête pour entendre les bruits de la cour d’école, au sein maternel où laisser reposer ses sens. Loin de toute interférence, sa main a su colmater les brèches entre nous et les objets.

Le Devoir, mai 2002,