Robert W. Pilot

Robert W. Pilot

1898-1967

Né en 1898 à St. John’s en Nouvelle-Écosse, Robert Pilot déménage à Montréal en 1910 où il peint les soirs et fins de semaine dans le studio de son beau-père Maurice Cullen. Il étudie au Monument national et à l’Académie royale du Canada durant les cours du soir. Les fins de semaine, il peint des paysages avec Cullen. Il s’inscrit ensuite à l’Association d’art de Montréal sous la direction de William Brymner. Puis, il sert dans l’armée canadienne entre 1916 et 1918 et, à son retour, suit à nouveau les cours de Brymner. En France de 1920 à 1922, il étudie à Paris à l’Académie Julian sous la direction de Jean-Paul Laurens et peint à Concarneau, en Bretagne, avec l’artiste montréalais Edwin Holgate. Pilot revient à Montréal et peint le Québec. Il peint aussi en Espagne et en Afrique du Nord en 1927. Puis, en 1940, il s’enrôle dans l’armée canadienne. Il revient à Montréal à la fin de la guerre et continue à peindre le Québec et le Canada en général. Il décède à Montréal en 1968

Robert W Pilot peint les paysages des Laurentides, de la région de Baie-Saint-Paul ainsi que ceux de la ville de Québec pour lesquelles il est surtout connu. Après la seconde guerre mondiale, Pilot fait plusieurs voyages pour exécuter des croquis en Angleterre, en Irlande, en France et en Italie.

Pilot gagne une bourse d’étude à l’Association d’art de Montréal.

En 1925, il est élu membre associé de l’Académie royale canadienne puis devient membre permanent en 1935. Il est ensuite le président en 1953-54. Il reçoit en 1944 l’Ordre de l’Empire britannique.

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Source : Traduction libre de Paul Duval, Canadian impressionism, McClelland & Stewart Inc., 1990

Goodridge Roberts

Goodridge Roberts

​Goodridge Roberts, O.C., peintre (né le 24 septembre 1904 à la Barbade aux Antilles britanniques, décédé le 28 janvier 1974 à Montréal au QC). Goodridge Roberts fait partie d’une grande famille de poètes et d’écrivains à Fredericton, au Nouveau-Brunswick dont son père Théodore, son oncle Sir C.G.D. Roberts et son cousin Bliss Carman.

Goodridge Roberts, O.C., peintre (né le 24 septembre 1904 à la Barbade aux Antilles britanniques, décédé le 28 janvier 1974 àMontréal au QC). Goodridge Roberts fait partie d’une grande famille de poètes et d’écrivains à Fredericton, au Nouveau-Brunswick dont son père Théodore, son oncle Sir C.G.D. Roberts et son cousin Bliss Carman. En 1952, il est l’un des quatre artistes à représenter le Canada dont c’est la première participation officielle à la Biennale de Venise et il reçoit une des premières bourses de la Société royale du Canadapour aller peindre en Europe. Goodridge Roberts, officier de l’Ordre du Canada, est parmi les premiers peintres canadiens à accorder une même importance au paysage, à la forme et aux natures mortes.

Études et début de carrière

Goodridge Roberts est formé à l’École des beaux-arts de Montréal de 1923 à 1925 et grâce au soutien de sa tante Mary Fanton Roberts, rédactrice en chef new-yorkaise et critique artistique, il s’inscrit à l’Art Students League de New York qu’il fréquente de 1926 à 1928. En prenant des cours avec le peintre américain John Sloan, le fondateur de l’Ashcan School, Goodridge Roberts commence un engagement de toute une vie envers le modernisme. Lorsqu’il déménage à Ottawa en 1930, il tient sa première exposition solo, un évènement annuel qui se poursuivra jusqu’à la fin des années 1960. Il devient ensuite le premier artiste résident à être parrainé par la société Carnegie à l’Université Queen’s (1933 à 1936). Par la suite, il s’installe à Montréal où il demeure une grande partie de sa vie et prend souvent part à des expositions locales et nationales, une habitude qu’il gardera durant sa longue carrière. En 1937, ses œuvres font l’objet d’une première exposition internationale à Londres. Puis, il participe de manière fréquente à des expositions collectives d’art canadien aux États-Unis et en Europe. Un an plus tard, il joint le groupe de l’Est de John Lymanqui sera de courte durée. En 1939, il devient l’un des membres fondateurs de la Société d’art contemporain de Lyman.

Style mature

Avec ses aquarelles, Goodridge Roberts expose ses œuvres sur toile, en particulier les autoportraits et les images de sa première femme Marian qui posera pour bon nombre de ses peintures nues et habillées. Il produit aussi des images de ses jeunes cousins reflétant ainsi un intérêt particulier que Montréal montre pour les peintures d’enfants. Le fait d’entremêler l’éloignement et l’immédiateté dans ses images autonomes, presque austères du corps, reste une constante tout au long de sa carrière, peu importe le sujet ou le modèle.

Tout en peignant le paysage placide du Québec, il continue à s’intéresser à la ville, surtout à travers des images simplifiées des façades des magnifiques bâtiments du Vieux-Montréal en fin d’après-midi. Il fait aussi de l’imagerie de natures mortes un thème important, car il exerce un contrôle total sur le choix et l’agencement des divers éléments tout en gardant un sens objectif de l’authenticité, une chose qu’il ne peut faire avec les images de gens ou de lieux. À cette époque, il commence un long mandat à l’Art Association of Montreal’s School of Art and Design qui durera de 1940 à 1949, aussi en 1952, sauf lorsqu’il sert comme artiste de guerre de 1943 à 1945. Sa plus grande compétence en enseignement se résume à son dévouement pour sa peinture et au modèle à suivre qu’il représente, ce qui aura une très grande influence sur beaucoup de ses étudiants, y compris Jacques de Tonnancour (qui publiera la première monographie sur Goodridge Roberts en 1944), John Fox et Paterson Ewen. Des décennies plus tard, grâce à l’intérêt que le critique américain Clement Greenberg portera à son œuvre, la peinture de Goodridge Roberts attire une jeune génération d’artistes canadiens, surtout dans les Prairies.

Fin de carrière

Au début des années 1950, Goodridge Roberts acquiert une notoriété nationale grâce à sa participation régulière à de nombreuses expositions au Canada et à l’étranger, et grâce à l’accueil très favorable qu’il reçoit de la presse française et anglaise de Montréal et des magazines canadiens. Bien que les Laurentides puis les Cantons de l’Est du Québec (ainsi que le Mont-Royal de Montréal) inspirent le cadre tranquille d’une grande partie de ses images de paysages, il commence alors à peindre la rive nord plus accidentée du Saint-Laurent, les terrains difficiles du sud-ouest du Québec et la baie Georgienne très austère. En raison des liens que sa deuxième femme a dans l’Ontario, Goodridge Roberts y retourne presque chaque année et peint une série de paysages imposant sa propre personnalité sur ce site trop familier. Ces changements de lieux et de topographies incitent à un coup de pinceau plus énergique, à des formes moins contenues et à une composition réinventée mettant plus l’accent sur le ciel pour façonner l’espace pictural. De plus, ses images de natures mortes sont souvent remplacées par des images d’intérieurs où la pièce elle-même décrit la même vérité d’observation que les objets représentés sur le tableau. Sur ses peintures les plus expérimentales de la fin des années 1950, les intérieurs continuent à fonctionner comme une forme d’autoportrait alors que le sujet représente l’endroit où il peint et les objets qu’il possède. Il produit aussi des séries de nus monumentaux où le contrôle gestuel du corps posé et le regard direct intensifient la présence physique du personnage.

Vers la dernière décennie, les peintures de Goodridge Roberts révèlent des couleurs plus intenses, des espaces picturaux plus ouverts, des formes moins closes et moins ressemblantes à des silhouettes, une manipulation plus intense des matériaux. Le traitement qu’il réserve à ses thèmes de prédilection devient une sorte de métaphore de la peinture plutôt qu’un indice de ce qu’il peint.

Postérité

Malgré un intérêt croissant pour l’art non figuratif à Montréal dans les années 1950, l’autorité de Goodridge Roberts demeure évidente dans les écrits critiques de Robert Ayre et de Rodolphe de Repentigny, et dans le respect qu’il gagne d’autres artistes, y compris des abstractionnistes québécois comme Jean-Paul Riopelle et Paul-Émile Borduas. Il est élu membre à part entière de l’Académie royale du Canada en 1957, et deux ans plus tard, il devient le premier artiste résident à l’Université du Nouveau-Brunswick, avec une rétrospective à la nouvelle Galerie d’art Beaverbrook en 1960. En 1969, il reçoit l’Ordre du Canada et la Galerie nationale du Canada lui offre une exposition rétrospective itinérante, un honneur rare pour un artiste encore en vie à cette époque. Après sa mort survenue suite à une longue maladie, ses œuvres font l’objet de plusieurs expositions solos avec publications dans plusieurs musées, y compris une tournée rétrospective en 1998. Plus récemment, Joan Roberts a écrit un mémoire sur leur vie commune.

réf.: Encyclopédie canadienne

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Marc-Aurèle Fortin

Marc-Aurèle Fortin est né le 14 mars 1888 à Sainte-Rose, au Québec. Il vient d’une famille aisée. Son père était avocat et conseiller juridique. Sa mère était femme au foyer. Ainsi, issu d’une bourgeoisie catholique, cette famille ne crois pas qu’une carrière d’artiste peut constituer un mode de vie souhaitable. Toutefois, l’enfance de Fortin se déroule paisiblement.

La famille Fortin emménage à Montréal au début du siècle. En 1903, Fortin alors âgé de quinze ans, fréquente l’Académie catholique de Montréal. Son intérêt pour l’art ne cesse de grandir. Vers la fin de 1904, Fortin poursuit ses études à l’école du Plateau, au Monument national sous la direction des peintres Ludger Larose et Edmond Dyonnet.

Son père désapprouve cet intérêt. Brusquement, à l’âge de seize ans, il quitte les bancs d’école pour le travail. Il en retire un salaire misérable. Durant l’été 1905, père et fils arrivent à un compromis. À dix-huit ans, Fortin obtient le diplôme de commerce tant souhaité par son père. Il quitte Montréal en 1907 pour rejoindre son frère à Edmonton.

En 1909, Fortin part aux États-Unis pour poursuivre son étude de la peinture. Il s’installe à Chicago et fait quelques séjours à New York. Son régime alimentaire déficient et la vie agitée de Chicago réveillent sa disposition héréditaire au diabète.

De retour au Québec en 1912, Fortin souhaite se consacrer entièrement à son art. Il va vite comprendre que « Hélas, au Canada, la poésie et l’art ne nourrissent pas leur homme ». Cependant, il continue à peindre pendant ses temps libres. Dans les années 1920, la démarche artistique de Fortin se confirme. Jusqu’alors, il était à la recherche de son propre style pictural. Avec l’apparition des premiers grands ormes, il vient de trouver son leitmotive, le grand thème de sa carrière.

À partir de 1922, Marc-Aurèle aura droit à sa pension ce qui, en réduisant au strict minimum ses dépenses essentielles, lui permettra enfin de peindre à tous les jours et d’assurer une continuité dans son travail. Vers cette même époque, apparaissent ses aquarelles lyriques aux arbres troués. En 1935, après un voyage en France, Fortin revient au pays marqué par une certaine influence Fauviste. En fait, les couleurs deviennent intenses et vibrantes.

Marc-Aurèle Fortin, fort de son esprit vagabond et innovateur, conçoit et essai différentes techniques. Il peint sur fond gris ou noir pour intensifier les contrastes, expérimente l’aquarelle rehaussée de crayon et de pastel à l’huile et, plus tard, il découvrira la caséine (détrempe de lait) d’où il tirera des effets saisissants d’une vigueur tonale éblouissante.

En 1940, Fortin entre à la Galerie l’Art Français. Habillé comme un clochard, il se présente comme peintre. Sous le regard étonné de madame et monsieur Lange, il promet de revenir avec quelques tableaux. Ce fut le début l’une longue collaboration entre l’artiste et la galerie. En fait, en 1942 il sera reconnu par l’Académie royale canadienne des arts. Le peintre est alors âgé de cinquante-quatre ans.

Au seuil de la soixantaine, la maladie l’accable. Ses jambes faiblissent et il doit se résigner à abandonner ses vagabondages. Désormais, la vie lui fera sentir le poids de sa solitude. C’est ainsi qu’à la fin septembre 1949, il se présente devant le curé de Sainte-Rose en compagnie de Gabrielle Goyette. Il veut être marié sur le champ.

En 1954, son diabète s’aggrave. Le 24 février 1955, Fortin doit subir l’amputation de la jambe droite. Malheureusement, les choses ne s’amélioreront pas pour l’artiste. Au cours des années qui suivront, il sera exproprié de sa résidence de Sainte-Rose, verra sa jambe gauche également amputé et, à la fin de sa vie, il souffrira de cécité. Marc-Aurèle Fortin meurt le 2 mars 1970 au sanatorium de Macamic en Abitibi.

Esther Trépanier, Galerie Klinkhoff

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Charles De Belle

Charles de Belle

Charles de Belle est peintre, dessinateur et illustrateur. Il naît à Budapest in 1873. Enfant, il dessine et peint avec les encouragements de son oncle. À 16 ans, il part pour Paris où il étudie avec Mihàly Munkàcsy à Paris de 1882 à 1892. Il gagne de nombreuses bourses d’étude et plus tard, une bourse annuelle de l’Académie royale de Londres, qui lui permet de voyager et d’étudier en Europe à Anvers (en 1885 et plus tard); à Paris (en 1889 et plus tard); à Londres, en Angleterre en 1883. En Irlande, il est illustrateur pour le Dublin Times et épouse une irlandaise. Il retourne plus tard en Angleterre et vit à Londres de 1893 à 1912 où il contribue aux illustrations du Illustrated London News, du Lady’s Pictorial ainsi qu’à Blackie & Son, William Collins Sons & Co.De Belle arrive à Montréal en 1912 avec son épouse et ses enfants. Il présente sa toile “Dans les champs flamands” à l’Université McGill en mémoire du Dr. McCrae auteur du poème “Le champ flamand” et qui était membre de la faculté de médecine de McGill.De Belle est membre des Associés de l’Académie canadienne royale des Arts. Il décède à Montréal en 1939.

SUJETS / THÈMES

De Belle devient un peintre de portraits, de paysages et d’enfants. Il peint des scènes d’hiver exceptionnelles.

TECHNIQUE

Dans ses peintures, de Belle développe sa propre méthode de fixatif pour son travail au pastel et monte ses tableaux entre deux vitres de verre. Il commence à travailler à l’huile vers 1904 quand des problèmes de santé le privent du contrôle rigide de ses mains, si nécessaires dans les œuvres au pastel.

EXPOSITION

Il participe à deux expositions importantes en 1923 et 1925 à Montréal et expose à la Johnson Art Galleries Limited, à Montréal, et au T. Eaton Co. à Toronto, 1934.

COLLECTION

Les œuvres de de Belle sont dans des collections privées aux Etats-Unis, en Angleterre, en Écosse, en Irlande, en Europe, et au Canada au Musée des beaux-arts du Canada, au Musée des beaux-arts de l’Ontario, au Musée des beaux-arts de Montréal et dans les bâtiments du parlement de Québec ainsi qu’à la résidence du lieutenant-gouverneur du Québec.

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Source : Catalogue of the National Gallery of Canada, Canadian art, volume one,Ottawa, 1988, p. 74.

 

Chantale Jean

Chantale Jean

Peintre-sculpteure, Chantale Jean est née dans Charlevoix en 1958. Sa passion pour la nature et les animaux se traduit par des portraits intimistes chargés de poésie. Comme un metteur en scène, Jean dirige ses acteurs et leur donne même la réplique!

Ses oeuvres frôlent souvent l’abstrait. Chantale Jean nous fait découvrir des textures sensibles aux multiples combinaisons des lumières proposant à l’observateur différentes approches. Cette complicité entre le support, le geste et la couleur redéfinit le sujet et laisse libre cours à l’interprétation.

Créant ainsi des oeuvres aux surfaces désordonnées rappelant les textures rupestres, Chantale Jean travaille avec la couleur qui est indissociable de celui qu’elle exerce avec la matière.

En passant de la représentation d’une certaine réalité à une expression plastique semi-abstraite, Chantale Jean aspire à ce que l’observateur découvre de nouvelles lectures inspirées de l’intention première, l’entraînant dans un scénario imprévisible qu’il découvrira par lui-même, momentanément, et d’où, peut-être, émergera ce sentiment d’appartenance qui incite à protéger la faune et son environnement.

Les images de Chantale Jean racontent la force et la fragilité des différents mondes qui nous entourent. Chaque toile devient  »un poème silencieux’’ qui interpelle celui qui la regarde. Si le conte est silencieux, l’artiste, elle, ne l’est pas quand il s’agit d’exprimer son admiration pour la nature ou d’en prendre la défense.

Ainsi, le corpus pictural de Chantale Jean manifeste tout autant son engagement que son exaltation et prend ouvertement position contre ce monde prêt à tout dévaster au nom du profit.

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Peintre originaire de Charlevoix, Chantale Jean fascine notre imaginaire. On ne peut oublier la puissance de ses images qui nous invitent à partager son respect presque sacré pour la nature et plus particulièrement pour les animaux. La nature l’inspire, la fascine et elle l’exprime spontanément dans une grande gestuelle faite de couleurs riches et puissantes.

Dans la plus pure fantaisie, l’artiste un peu à la manière du fabuliste Lafontaine , fait tenir conseil aux animaux, les entraîne à une fête, les rassemble à un festin… Elle les représente dans toutes sortes d’attitudes, les interpellant de multiples façons. À ses yeux ils ressemblent étrangement à des humains dans Ieurs occupations, aussi prend-elle plaisir a Ies humaniser.

Chantale nous raconte toute la force et la fragilité des différents mondes qui nous entourent. Chaque toile devient ‘ »un poème silencieux » qui interpelle celui qui la regarde. Si le conte est silencieux, l’artiste, elle, ne l’est pas quand il s’agit d’exprimer son admiration pour la nature ou d’en prendre la défense. Les animaux lui apparaissent comme des êtres attachants en harmonie avec la nature, Ne seraient-ils pas une source d’inspiration pour nous aider à retrouver notre équilibre, notre place dans la nature se plaît-elle à nous dire ?

Son sens de l’humour demeure cependant présent, dans le plaisir qu’elle prend à mettre en scène ses ‘ »comédiens en herbe ». Tout est doucement étonnant chez Chantale Jean, sa personnalité est faite à la fois de contrastes et même parfois de contraires, ce qui donne une impression de plénitude et de force empreinte aussi d’incertitude et d’insaisissable.

Ses surfaces aux textures désordonnées, ses dessins conjuguant figuration et abstraction ne manquent pas de surprendre le spectateur l’‘amenant parfois à découvrir d’autres prétextes que ceux ayant inspiré l’artiste. La palette excentrique de ses couleurs ajoute à la qualité plastique de ses oeuvres et nous entraîne dans un scénario imprévisible qu’elle seule a su forger.

Par ses tableaux aux allures théâtrales composés de personnages bigarrés pas ‘’bêtes » et aux titres extravagants, Chantale Jean monte sa pièce et nous fait découvrir ‘ »son monde  » sans cesse réinventé.

René Richard

René Richard

René Richard est d’origine Suisse. Richard arrive au Canada en 1909 où il apprend ses premières leçons de peinture. En 1927, il part en France pour perfectionner son art. De retour au Canada, René Richard vit de la chasse comme trappeur. Lors de ses excursions, René Richard dessine toujours. En 1942, il s’installe à Baie-Saint-Paul. Richard se fait connaître et expose à Québec et à Montréal. René Richard est un peintre qui captait le moment présent. En, 1981, le maître s’éteint à l’âge de 86 ans. Il fait don de ses oeuvres à l’Université Laval.

René Richard est né à Chaux-de-Fonds, en Suisse, le 1er décembre 1895.

Il arrive au Canada avec sa famille en 1909. Ils habitent à Montréal deux ans avant de s’établir à Cold Lake en Alberta, où son père ouvre un magasin général et poste de traite. Richard devient trappeur, chasseur et coureur des bois. Vivant littéralement de la forêt, il se lance dans l’écriture et la peinture de ses expériences.

En 1927, il part étudier à Paris où il rencontre Clarence Gagnon et les deux artistes deviennent de grands amis. Il suit des cours de peinture à l’Académie de la Grande Chaumière et à l’Académie Colarossi, à Paris, de 1927 à 1930. Clarence Gagnon l’encourage à se consacrer entièrement à son art. En 1930 il quitte la France pour revenir en Alberta et poursuivre sa vie de trappeur. Il rapporte de ses randonnées des centaines de dessins qu’il a faits sur du papier à emballage.

Entre 1938 à 1942, René Richard visite l’Île d’Orléans et la Gaspésie, il fait le tour de Charlevoix, et il parcourt la Mauricie et l’Abitibi. En 1942, il épouse Blanche Cimon et s’installe à Baie St-Paul, dont les paysages lui rappellent ceux de la Suisse et de certaines parties du Grand Nord Canadien. Il y peint de nombreux paysages et expose régulièrement à Québec et à Montréal. En 1952, il retourne en expédition dans le Grand Nord. Il passe les trente prochaines années de sa vie à Baie St-Paul.

En 1973, il reçoit l’Ordre du Canada, et en 1980 il devient membre de l’Académie Royale des Arts du Canada. Des rétrospectives lui sont consacrées en 1967 et en 1978 par le Musée national des beaux-arts du Québec. En 1982, une de ses toiles est reproduite sur un timbre-poste pour la Fête du Canada.

Il meurt à Baie St-Paul à l’âge de 86 ans.

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Hébert, Adrien

Peintre montréalais, Adrien Hébert est l’une des figures remarquables du XXe siècle. Délaissant les tableaux religieux, refusant les thèmes folkloriques à la mode, Adrien Hébert s’intéresse moins à la grande nature qu’à la vie urbaine et bourgeoise. Dans ses paysages, ses portraits, ses scènes d’intérieur, ses descriptions des rues et du port de Montréal, il s’affirme comme un témoin de son temps, un des premiers peintres québécois de l’époque moderne. L’œuvre d’Adrien Hébert célèbre la modernité et la vie urbaine. Les usines, le port de Montréal, les grues mécaniques, les tramways, les automobiles et la fumée reflètent pour l’artiste le style de vie nord-américain de son époque.

1890 (Paris) – 1967 (Montréal)

Des Clayes, Berthe

Berthe des Clayes

Née à Aberdeen en Écosse,(1877-1967) Berthe des Clayes est la soeur ainée d’Alice et Gertrude. Berthe étudie en Angleterre avec B. Herkomer au Bushey School of Art et avec Tony Robert-Fleury et Jules Lefebvre à l’Académie Julian à Paris. Elle vit à Londres de 1906 à 1912 pour s’installer par la suite à Montréal où elle peint le plus souvent des paysages ruraux. Elle voyage et s’installe pour de longs moments  en Angleterre et en France en 1919 et 1920 et enfin en Angleterre de 1922 à 1931.  En 1931, elle s’installe à Montréal pour 20 ans.

Berthe Des Clayes travaille avec beaucoup de bonheur, l’aquarelle, l’huile et le pastel. Elle expose avec les artistes R.C.A. de 1912 à 1947.

*ARCA: membre associé à l’Académie Royale Canadienne. (ARC-RCA)

Ses sœurs: Gertrude (1879-1949), Alice Des Clayes (1890-1968)

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Cosgrove, Stanley M.

Stanley M. Cosgrove

1911-2002

En 1929, Stanley Morel Cosgrove (Montréal 1911 – Montréal 2002) entre à l’École des Beaux-arts de Montréal où il apprend la peinture directement du directeur, Charles Maillard. Il devient ensuite l’élève du renommé artiste Edwin Holgate qui lui enseigne le dessin. Il séjourne ensuite 6 mois en Gaspésie où il découvre l’horizon marin.

En 1937, Cosgrove vend ses premiers tableaux à Montréal et passe l’été à peindre en Charlevoix. L’année suivante, il assiste Holgate dans la réalisation d’une frise murale pour le pavillon du Canada à l’exposition de 1939 de New-York. Sa première exposition solo aura lieu à Québec en 1939.

Stanley Cosgrove obtient une bourse pour étudier en France mais à cause de la guerre il choisira plutôt de partir au Mexique. Il déménage à Cuernavaca en 1941 et voyage à travers le pays pour visiter les sites pré-cortésiens et les églises de style colonial. Il retourne vivre à Mexico où il devient l’assistant d’Orozco pour réaliser une fresque dont il apprend la technique. De retour à Montréal en novembre 1942 pour enseigner la composition décorative et, un peu plus tard, la fresque aux Beaux-arts, il prépare une exposition solo et en 1947 devient membre du Groupe des Peintres Canadiens. En 1951, Cosgrove est nommé Membre Associé de l’Académie Royale des Arts du Canada. Il obtient une bourse du gouvernement fédéral et part pour la France.

Tout au long de sa carrière, Stanley Cosgrove enseigne à l’École des beaux-arts et expose nombre de ses oeuvres dans d’importantes collections publiques canadiennes. Son oeuvre est majoritairement centrée sur la figure humaine, la nature morte et le paysage canadien, thèmes auxquels il donne une touche très personnelle.

En 1973, il est nommé membre titulaire de l’Académie Royale des Arts du CanadaStanley M Cosgrove, artiste,nue, peintre, galerie la corniche

Hommage à Stanley Cosgrove (1911-2002) – Une oeuvre à dégager

Le peintre Stanley Cosgrove est décédé dimanche à Montréal, à l’âge de 91 ans. Depuis, ils furent nombreux en s’en émouvoir et à rendre hommage à cette figure importante de l’art canadien du XXe siècle. À notre demande, la seconde fille de Cosgrove égrène ici quelques souvenirs.Dans quelle mesure la singularité de Stanley Cosgrove a-t-elle servi ou desservi sa carrière, servi ou desservi sa vie d’artiste? S’agissant de l’artiste Cosgrove que j’ai connu, je voudrais m’attarder au second volet de cette question.À l’encontre de la vision d’un Cosgrove solitaire, je rappelle d’abord qu’il ne faudrait pas confondre solitude de l’artiste, sur le plan personnel, et singularité de l’oeuvre peinte sur le marché de l’art. Ainsi, Cosgrove, peintre à l’esprit aussi bien québécois que canadien, avait bel et bien une cote, même si l’artiste avait choisi d’oeuvrer en retrait de la scène culturelle.Très concrètement, celui-ci prenait la forme d’un séjour annuel de trois mois dans un chalet sans électricité ni eau courante, ni horloges ni montres, près de La Tuque, mais aussi, plus généralement, du havre paisible et sensuel qu’était pour lui la maison blanche, dans le parc, à Hudson.

Il prenait aussi la forme d’une certaine attitude, faite d’orgueil, de méditation, de sensualité, d’acuité du regard. On sentait bien chez lui une émotion intense, mais celle-ci n’entraînait jamais une totale adhésion. Esprit stoïque, il ne cherchait pas à exercer une influence au-delà du cercle de ses relations immédiates et familiales, celles précisément qui servaient de cadre à ses activités quotidiennes, c’est-à-dire au travail d’atelier.

Du coup, Cosgrove avait développé une capacité à se protéger contre toute relation pouvant le distraire de l’espace-vie qu’il s’était créé et, en fin de compte, de l’espace, tout aussi vital pour lui, de la toile. Cet espace encadré était aussi encadrant.

Cependant, Cosgrove fut aussi le peintre de l’engagement pictural. En quoi? D’abord par la problématique de l’insertion qu’il a mise en actes. En 1945, l’unique voyage en France avec l’artiste montréalais Edwin Holgate n’ayant pas eu de réelles conséquences, Cosgrove s’est détourné, dans une certaine mesure, de sa nature de peintre canadien et a signé l’insertion du Québec en Amérique en se plaçant sous le mentorat, de 1939 à 1945, du peintre et muraliste mexicain Clemente Orozco.

Une indépendance aussi farouche invite à la réflexion. Elle rappelle la nécessité, pour l’artiste, de protéger sa sensibilité extrême contre les attentes de sa famille d’origine. Et aussi d’emprunter un parcours professionnel ancré dans la solitude.

Cependant, l’irascible Orozco l’avait choisi comme assistant. Cosgrove explique ainsi ce choix: «J’ai pu saisir comment m’y prendre pour travailler avec lui sans le déranger, comment m’y prendre pour devenir une de ses mains.»

Pour tout dire, le peintre Orozco n’avait plus qu’une main. Laquelle, je ne peux le dire au juste, mais j’ai le souvenir d’une photo qui le montre examinant, sur un pupitre, un dessin de papa. Comment Orozco avait-il perdu cette main ou ce bras? Quelle lacune venait combler Stanley Cosgrove en devenant l’intermédiaire actif entre l’artiste mexicain, concepteur de l’oeuvre à réaliser, et le fond blanc de la future fresque? Je ne peux répondre à ces questions que je n’ai d’ailleurs jamais formulées du vivant de mon père. Vers la fin de sa vie, j’ai tout de même eu celle-ci: «Papa, voudrais-tu me montrer — c’est-à-dire qu’on aille ensemble et que tu me montres de ta main la maison de Saint-Henri où tu as grandi?» Un signe de la tête: «Oui.» Les yeux sont baissés: abattement? peur? détente? tristesse appréhendée du petit garçon qui reverra la maison de sa mère souffrante? Nous n’avons pas eu le temps de faire cette promenade…

À la fin, il me demandait de lire et relire la lettre manuscrite d’un certain collectionneur, comme s’il n’arrivait pas à croire qu’il avait réussi à rejoindre ses interlocuteurs humains, ceux-ci incarnant une sorte d’instance paternelle, une patrie, en empruntant jour après jour les voies de communication qu’il inscrivait, lui, de sa main, sur la toile. Qu’avait-il réparé au juste avec Orosco? Qui aurait pu le dire, même de son vivant? Il nous laissait périodiquement, marchant droit devant sa solitude, les espaces environnants, certains objets précis auxquels son art restaurait une dignité. L’esprit hardi, les sens aiguisés, le regard assuré, il s’appropriait les petits et les grands espaces du Nouveau Monde.

C’est ainsi qu’il a su, par ailleurs, assumer dans toute sa singularité la rencontre déterminante pour le cours de son existence, puisqu’elle provoqua sa naissance, entre une Québécoise de Saint-Henri, pleine d’entrain mais alitée des suites d’une maladie de jeunesse, et un ouvrier tourmenté de l’usine Redpath, né d’immigrés irlandais, John Malachy Cosgrove, dont le patronyme signifie «bosquet paisible» en langue celte. En écrivant ce nom, me revient aussitôt en mémoire celui, québéco-irlandais, de François O’Neil, qui servit de guide au peintre lors de ces chères parties de pêche sur l’île d’Anticosti. Irlandais du Nouveau Monde…

D’autres firent abstraction du réel pour laisser parler la peinture. La main de Stanley Cosgrove fit abstraction des origines sociales pour laisser parler l’Art en tant qu’interlocuteur et objet-matrice.

Ceux qui vivaient avec lui l’ont souvent vu attirer l’attention sur telle beauté éphémère, objet ou paysage, ses couleurs surtout, au détriment de tout autre élément humain, susceptible de perturber ce rapport. Comme malgré nous, on en venait donc, au cours de ces promenades, à vouloir rebrousser chemin pour retrouver le lieu où la parole avait été escamotée.

Je songe à lui, devant une classe de jeunes élèves: «Posez vos têtes sur vos pupitres. Maintenant, écoutez les bruits qui entrent par la fenêtre.» D’instinct, mon père savait qu’il faut écouter ce qui est hors de soi quitte à ouvrir, pour ce faire, et tout en le réduisant, l’espace de l’écoute au cadre de la toile, au chemin où se posent les pieds pour mieux voir les couleurs du framboisier, au pupitre où poser la tête pour entendre les bruits de la cour d’école, au sein maternel où laisser reposer ses sens. Loin de toute interférence, sa main a su colmater les brèches entre nous et les objets.

Le Devoir, mai 2002,