Toupin, Fernand

Fernand Toupin

Fernand Toupin est né en 1930. Sa carrière débute réellement en 1954. Sa peinture n’est pas sans audace. On le constate dès le début des années 50. Peut-être est-il celui dans le groupe initial des plasticiens qui comptait en outre Louis Belzile, Jauran (Rodolphe de Repentigny) et Jean-Paul Jérôme, pousse le plus les limites avant-gardistes. Il a 25 ans à la parution du manifeste des Plasticiens paru en février 1955.  Ce manifeste écrit par un théoricien Rodolphe de Repentigny, revendiquait une nouvelle orientation dans la peinture québécoise, laquelle se voulait en rupture avec les Automatistes qui avaient précédés les plasticiens.

À cette époque, la peinture de Fernand Toupin oscille entre une facture très épurée marquée par une influence certaine de Mondrian, l’artiste utilisant parfois des supports qui brisent la forme rectangulaire traditionnelle.

Dès le début des années 60, sa peinture prend une direction tout à fait différente: la matière devient abondante. Toupin se détache alors de la philosophie picturale propre aux plasticiens en préconisant un langage suggestif.

Il étudie le dessin au Mont St-Louis avant de s’inscrire en 1949 aux cours du soir de l’École des Beaux-Arts de Montréal. De 1949 à 1953, Jean-Paul Jérôme lui enseigne et il fréquente l’atelier de Stanley Cosgrove. N’étant pas en mesure de vivre de son art, Toupin travaille à la Cour municipale de Montréal pour gagner le pain de sa famille.

En février 1955, Jean-Paul Jérôme, Louis Belzile, Jauran (Rodolphe de Repentigny, artiste et critique d’art) et Fernand Toupin lancent le « Manifeste des Plasticiens » lors d’une exposition à Montréal. Le Manifeste appelle à « l’épurement incessant des éléments plastiques et de leur ordre ». Les Plasticiens affirment que « leur destin est typiquement la révélation de formes parfaites dans un ordre parfait », voire l’expression spontanée du subconscient. Leurs toiles se résolvent en formes géométriques colorées, lesquelles éliminent toute suggestion d’espace apparent et, en bout de piste, d’effets de texture. À cette époque, Toupin peint ses formes géométriques sur des toiles de format irrégulier, qu’il nomme « shaped canvases ».

En 1957, Toupin est nommé Directeur des expositions au Conseil Exécutif de l’Association des Artistes Non-Figuratifs de Montréal, poste qu’il conservera deux ans. Membre du groupe depuis 1956, il expose avec ce dernier à divers endroits dont au Musée des Beaux-Arts de Montréal. Toujours employé de la Ville de Montréal, il peint durant ses loisirs.

À la fin des années 1950 et au début de la décennie suivante, il s’éloigne de la formule purement géométrique et explore en créant des œuvres plus lyriques, texturées. Il présente son travail lors d’expositions dans plusieurs galeries et participe à plusieurs événements collectifs, tels que  « Montréal Collectionne » (1966) présentée par le Musée des Beaux-Arts de Montréal, l’exposition itinérante « Canadian Art » qui parcourt neuf musées canadiens la même année, puis « Panorama de la peinture au Québec 1940-66 » présentée par le Musée d’Art Contemporain de Montréal en 1967.

Début 1970, une galerie de Paris lui propose une exposition solo, qui s’avère un franc succès, toutes les pièces présentées trouvant preneur. Suite à cet événement, un marchand d’art montréalais prend Toupin sous son aile et l’occupe à la production de nombreuses expositions, ce qui lui permet de quitter son emploi à la Ville de Montréal et de se consacrer à la peinture; il expose alors au Canada, aux États-Unis, en France et un peu partout au monde : à l’Exposition Universelle d’Osaka en 1970, au IVe Festival International de Peinture à Cagnes-sur-Mer (où il remporte le Prix International pour le Canada), à l’exposition « Jauran et les Premiers Plasticiens » au Musée d’Art Contemporain de Montréal en 1977, au Art Expo International de New-York en 1980, au Musée Central de Tokyo en 1990. Au cours des années 1970, il illustre des livres et participe à la création de décors pour les Grands Ballets Canadiens à Montréal. Fernand Toupin est élu membre de l’Académie Royale des Arts du Canada en 1977. Il est mort à l’age de 78 ans.


Rousseau, Albert

Albert Rousseau

1909 -1982

Né à Saint-Étienne-de-Lauzon, Albert Rousseau est le fils d’Omer Rousseau et d’Alice Roy. Il était l’aîné d’une famille de six garçons. Artiste-peintre de réputation internationale, il a exposé au Canada, aux États-Unis, et en Europe. Il est le descendant d’un certain Jacques Rousseau, qui a quitté l’île de Ré pour la Nouvelle-France en 1665.

Il s’inscrit en 1925 à l’École des beaux-arts de Québec à l’âge de 16 ans. Son séjour à cette École (où étudia aussi juste avant lui Alfred Pellan – « Pellan ») dura six ans et il y récolta plusieurs prix et médailles. À sa sortie de l’École, l’objectif de Rousseau est de consacrer son énergie à peindre son pays et sa Nature. Il peindra les grands paysages de Charlevoix avec son ami Marc-Aurèle Fortin mais aussi avec d’autres peintres québécois, qui deviendront très connus tels René Richard. En 1939, il expose un tableau intitulé Le Havre au Salon du Printemps de la Galerie des arts de Montréal.

Albert Rousseau fréquentera souvent ce Salon au cours des années subséquentes et il y gagnera un premier prix en 1948, la même année que Pellan. Rousseau est un artiste qui cultive constamment son art, expérimentant et variant les textures, les matériaux et les techniques. Son talent pour rendre la lumière et les couleurs est reconnu et apprécié des experts, mais aussi du grand public. Il construit son propre atelier de peinture à Saint-Étienne de Lauzon, à côté de sa maison (aussi construite par lui) vers 1956. Il voyage vers les Provinces maritimes, d’où il rapporte des « marines » superbes, puis vers l’ouest canadien où il peint d’extraordinaires totems qui révèlent son intérêt pour la mythologie amérindienne. Il produit tableaux, aquarelles et terres cuites.

En 1960, Rousseau, avec un tableau intitulé « Maison Chevalier », se mérite le premier prix du concours de la Galerie nationale du Canada sur les « Scènes d’hiver ». Le 23 août 1964 Rousseau inaugure sa première Exposition Champêtre à son atelier de Saint-Étienne. En 1965, Rousseau abandonne son travail dans l’hôtellerie (qui lui permettait de « faire vivre son art » comme il disait) pour se consacrer exclusivement à la peinture. Il a 57 ans. Il anime toujours son atelier libre, qui compte une quarantaine de membres dès 1968. Rousseau peint, paysages, natures mortes, nus, marines avec une énergie intarissable.

La brillante carrière de Rousseau se poursuit et son art ne cesse d’évoluer. Il multiplie les voyages, sans pour autant cesser de peindre son pays, ses hivers et ses automnes aux couleurs vives. À partir de 1975, il diminue un peu le rythme de ses voyages à l’étranger mais aucunement celui de sa peinture. Il cotoie toujours son grand ami, René Richard. Il peindra sans relâche des œuvres lumineuses, empreintes de joie et de couleurs, jusqu’à sa mort subite en 1982, à l’âge de 73 ans. Son dernier tableau illustre d’une manière très colorée le cycle de la vie en y représentant une femme enceinte protégée par un personnage mystérieux et une jeune mère tenant un bébé dans ses bras.

Albert Rousseau, peintre de Québec,  paysage, galerie d'art la corniche

Gransow, Helmut

Helmut Gransow

Ce peintre québécois d’origine allemande occupe une place non négligeable dans le milieu de l’art paysagiste. À la fin des années 1970, et tout au long de la décennie suivante, Gransow a connu un succès retentissant auprès des collectionneurs. Le paysage tient une place de choix dans sa peinture mais on remarque un changement notable dans son approche, à la jonction des décennies 1970 et 1980. Sa palette s’éclaircie considérablement, les tons deviennent lumineux et les verts s’enrichissent, donnant à ses paysages de multiples résonances à la fois fines et voluptueuses.

La profondeur apparaît ainsi comme la pierre angulaire du langage plastique de Gransow, qui l’exploite toutefois différemment selon le sujet.

Gransow a su trouver une forme de représentation qui, tout en demeurant dans les paramètres de la tradition, exprime une vision personnelle à travers une palette de couleurs qui résonne de nuances uniques.

Helmut Gransow, galerie la corniche, paysage laurentien, peribonka